« Il existe une discrimination négative contre les chrétiens d’Orient ! »

Vous avez récemment posé une question au ministre de l’Intérieur, dans laquelle vous parlez d’une discrimination négative opérée par la France au détriment des chrétiens d’Orient, par rapport aux autres immigrés. Quels exemples de ce genre de discrimination avez-vous?

Le plus bel exemple, c’est cette chorale de chrétiens syriens qui devait participer à un festival de musique à Strasbourg, mais dont les visas ont été refusés. Il n’y a pas d’exemple plus significatif que cette affaire, et c’est elle qui a déclenché ma question au minis­tère de l’Intérieur. C’est ce qu’on appelle un exemple englobant : il résume tous les autres. Il y a clairement des consignes qui sont données pour refuser ces visas aux chrétiens. Pourquoi ? Je ne sais pas. Peut-être les chrétiens sont-ils incompatibles avec le socialisme hollandien ? En effet, ils ne deviendront pas forcément des électeurs socialistes…

Souhaitez-vous donc mettre en place une sorte de «discrimination positive» à l’endroit des chrétiens d’Orient?

Je suis pour cette « discrimination positive ». Aujourd’hui, dans les régions touchées par l’islamisme, être chrétien est un élément identifié de persécution, et même, être chrétien équivaut à être persécuté. Puisqu’ils ont la priorité dans la persécution, ils doivent avoir la priorité dans l’accueil. C’est une évidence.

Vous évoquez, comme le pape François, le risque d’infiltration des terroristes islamistes parmi les migrants. Pensez-vous que les gouvernements européens prennent la réelle mesure de ce risque?

Ils ne prennent absolument pas la mesure de ce risque d’infiltration islamiste. Ils ont une véritable ligne Maginot imaginaire dans la tête.

Mais permettez-moi un mot concernant les propos du Pape François envers l’obligation faite aux gouvernements pour l’accueil des migrants. Il me semble qu’il y a une incompréhension sur les propos évangéliques. Lorsqu’il est dit : « J’étais un étran­ger et vous m’avez accueilli », il s’agit d’une réponse individuelle à une souffrance, non d’une réponse obligatoire et collective. Je ne ­crois donc pas que l’Évangile exi­ge des États un accueil sans limi­te, ni discernement de tous les étrangers…