« La vie a déjà gagné, nous le savons depuis la Croix ! »

Monseigneur Arbach est l’archevêque grec-melkite catholique du diocèse de Homs, en Syrie.

Vous recevez à nouveau Mgr Rey dans votre dio¬cèse et vous avez célébré la messe dans votre cathédrale détruite. Quel est le message ?

Notre cathédrale avait été détruite par une bombe énorme cachée par les terroristes dans la cathèdre avant leur départ de la ville. Cette bombe a explosé quelques heures après que nous ayons fait la prière à notre retour dans la ville détruite. La cathédrale avait servi de quartier général aux islamistes, mais elle était quasiment intacte ; cette bombe l’a totalement soufflée. Nous avons dit la messe avec Mgr Rey dans cette cathédrale Notre-Dame-de-la-Paix pour offrir un message de vie et d’espérance. Il faudra beaucoup de temps et d’argent pour reconstruire notre cathédrale, mais les travaux sont désormais entamés. 60 familles chrétiennes sont désormais rentrées dans ce quartier. Il faut qu’elles sentent que l’archevêché ne les oublie pas, que nous sommes bien présents d’une part, et que nous ne les laisserons pas sans église d’autre part !
Notre message est simple : restez sur votre terre de Homs, restez dans vos quartiers, revenez dans vos maisons, nous sommes là.

Quel rôle joue le diocèse de Fréjus-Toulon dans cette reconstruction ?

Noter jumelage repose d’abord sur un sou¬tien spirituel qui nous est absolument nécessaire. La présence d’un évêque français, qui revient par fidélité à notre amitié et à ses engagements, est un réconfort immense pour nous. Vous savez combien nous nous sommes sentis abandonnés pendant cette guerre, et cette seule présence de Mgr Rey avec 45 personnes de son diocèse est une consolation. Ensuite, nous avons aussi besoin d’une aide concrète, car nous ne pouvons pas demander à nos fidèles de rester sans les aider à le faire, le plus concrètement qui soit. Notre jumelage comprend donc une partie de la restauration de cette cathédrale dont la recons¬truction représente un budget colossal.

Sur quoi d’autre travaillez-vous avec le diocèse de Mgr Rey ?

Nous avons également travaillé sur un centre pour handicapés qui est sur le point d’ouvrir ses portes, même si nous avons déjà pris en charge ces familles touchées par le handicap. Mais nous travaillons également à la formation évangélique de nos fidèles. Cette guerre nous éprouve consi¬dérablement, et nous devons nous plonger dans l’Évangile pour consolider notre foi, notre espérance et notre charité. Reconstruire les églises et les maisons est nécessaire, mais reconstruire les ¬cœurs blessés est également primordial et urgent

À vous entendre, cette guerre semble déjà finie…

Elle ne l’est pas, malheureusement, mais la vie a déjà gagné, nous le savons depuis la Croix ! Nous reconstruisons, c’est une manière de triompher, et nous guérissons pour que l’Amour soit notre seul but. En cette année de la miséricorde et en ce temps pascal, nous espérons tout simplement que le Seigneur ressuscité nous offre la paix dans les cœurs d’abord, pour la Syrie ensuite.