« L’Europe a vocation à offrir le christianisme au monde entier ! »

Charlotte d’Ornellas sort un livre d’entretien avec S.B. Grégoire III Laham, patriarche grec-melkite catholique d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem.

Vous venez de sortir un livre d’entretiens avec le Patriarche Grégoire III… Pourquoi lui ?

D’abord, parce que j’ai eu l’occasion de le croiser et de parler avec lui à de nombreuses occasions, notamment en suivant l’évolution et les activités de l’association SOS Chrétiens d’Orient en Syrie, à laquelle il a permis l’entrée dans le pays pendant cette guerre. Le Patriarche est Syrien de naissance, il a vécu au Liban, en Palestine, avant de retourner en Syrie quelque temps avant la guerre qui ravage aujourd’hui le pays. Il se rend également régulièrement en Égypte : il a une connaissance parfaite de la région, de ses enjeux, de sa culture et de ses problématiques. Ensuite, il a un franc-parler très intéressant pour aborder sans détours le conflit syrien, mais aussi les responsabilités occidentales, les relations islamo-chrétiennes, le départ des réfugiés vers l’Europe… Ce sont des questions qui préoccupent en Orient bien évidemment, mais également ici, en France.

Et, justement, qu’a-t-il à dire ?

Il termine ces entretiens par cette phrase : « Quand je prie pour les Occidentaux, je demande parfois au Seigneur qu’ils ne se contentent pas de parler de nous, mais qu’ils nous écoutent aussi. » Ce livre est réellement un cri pour la paix, parce que les Occidentaux ont leur rôle à jouer pour qu’elle advienne et demeure dans la région. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce livre adressé aux Occidentaux s’intitule « Ne nous laissez pas disparaître ! » Le message qu’il veut absolument faire passer concerne tous les chrétiens de la terre, en réalité : il est vain de vouloir une présence chrétienne pour elle-même, ce qu’il faut, c’est travailler à être des chrétiens pour le monde, à être ce « levain dans la pâte ». Si le Patriarche se bat pour préserver une présence chrétienne dans cette région qui a vu naître le christianisme, c’est selon ses mots parce que c’est dans les Ténèbres qu’il y a le plus besoin de la Lumière.

Comment voit-il le christianisme en Occident ?

Il se dit inquiet pour l’Occident, parce qu’il a perdu son âme. Ce sont des mots que l’on retrouve d’ailleurs dans la bouche de très nombreux chrétiens orientaux. Ils ne comprennent pas l’Europe, son matérialisme incroyable, son athéisme militant, sa laïcité parfois liberticide, mais ils comprennent en revanche le danger qu’elle court. Sur la question de l’islam, le Patriarche est particulièrement intéressant : il a une grande connaissance et un immense respect pour les tenants de cette religion qui fait incontestablement partie de sa vie. Mais il voit les choses différemment en Europe et en Occident : la mission d’un chrétien en terre d’islam est de rayonner de l’amour de Dieu autour de lui, de vivre selon ses mots encore « avec et pour les musulmans ». La vocation de l’Europe est autre : elle doit faire rayonner le christianisme dans le monde entier. Or, elle est aujourd’hui elle-même apostate… Sans identité, l’ouverture (à l’islam notamment) mènera inévitablement à la dissolution.

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