« L’indignation sélective est particulièrement injuste ! »

On parle beaucoup d’Alep depuis quelques jours et certains évoquent une libération d’Alep-Est. Qu’en est-il sur place ?
Déjà, je voudrais remettre les choses au clair : il n’existe pas d’Alep-Est ou Alep-Ouest… Il n’existe qu’une ville, Alep, et ses habitants sont tous les frères, issus d’une seule terre.

Il y a en revanche des quartiers est, dans la ville, qui sont occupés par ceux que l’Occident appelle “rebelles” alors qu’ils sont clairement des terroristes.

Il n’y a plus l’ombre d’un doute sur ce sujet, ils sont armés, déterminés à abattre l’armée syrienne et visent en permanence des civils… Je pense qu’il est difficile de parler de “rebelles”, comme si leur combat était juste.

Depuis quelques jours, l’armée fait son travail avec ces quartiers.

On ne peut reprocher à une armée régulière de vouloir reprendre le contrôle de son territoire.

 

On parle beaucoup des civils malgré tout…
Les médias occidentaux ne parlent que des civils qui trouvent grâce à leurs yeux. Il y a des civils partout pendant cette guerre et je n’ai pas l’impression que nous, civils des quartiers ouest, ayons ému quiconque ces cinq dernières années, malgré les chutes quotidiennes d’obus sur nos maisons.

Bien sûr, les civils souffrent, mais je peux vous assurer que ces terroristes les tiennent en otage de l’autre côté de la ligne de front… Vous devriez voir les larmes des familles qui réussissent à passer dans la partie ouest de la ville, les sourires des mères, les cris de joie des enfants et le soulagement des pères de famille.

Les civils sont toujours les victimes de la guerre. Ils le sont plus que jamais en Syrie aujourd’hui, bien sûr. Mais il faut se garder d’instrumentaliser les souffrances bien réelles à des fins politiques.

 

Quel message voudriez-vous alors passer aux Français ?
Ne croyez pas la désinformation qui vous parvient sur notre ville, il n’est pas juste de dire que l’armée massacre son peuple et que ces “rebelles” aspirent à la démocratie.

Ce sont des terroristes et personne de libre aujourd’hui ne peut décemment les soutenir.

Il faudrait peut-être que les journalistes viennent nous voir, parler avec nous, étudier notre quotidien et parler à ces familles qui ont quitté l’est d’Alep et qui racontent parfois l’enfer que leur ont fait vivre ces groupes armés de l’opposition…

Cela fait maintenant cinq ans qu’Alep vit un enfer indicible, que beaucoup de nos familles ont fui la ville, que les autres sont privés d’eau et d’électricité et sont régulièrement endeuillées. Cette guerre doit finir et cela fait des années que nous demandons aux Occidentaux de peser sur le gouvernement syrien et sur l’opposition pour trouver un accord politique. Rien n’a été fait et l’indignation sélective est particulièrement injuste pour les Syriens.

Priez aussi pour nous, nous avons encore besoin de force et de courage même si l’espérance est désormais grande pour nous de voir enfin Alep réunie.