« Mon espérance de pasteur est de voir mes brebis vivre sur leur terre ! »

Monseigneur Abba est l’archevêque syriaque catholique de Bagdad.

Vous êtes venu en France notamment pour le semi-marathon de Paris, quel est votre état d’esprit lorsque vous voyez 3 000 jeunes Français courir pour vous ?
C’est incroyable et vraiment très émouvant, parce que nous nous sentons un peu abandonnés parfois. Alors voir tous ces jeunes se mobiliser pour nous aider à monter une école pour 700 enfants ! C’est aussi un signe d’espérance incroyable pour tous les chrétiens de Bagdad à qui je raconterai ça en rentrant. Nous avons besoin de ce soutien très concret et l’effort fourni par ces jeunes alors qu’il pleut et qu’il fait si froid est extrêmement touchant. Je voudrais remercier du fond du cœur les trois associations, l’Aide à l’Église en Détresse, l’Ordre de Malte Liban et SOS Chrétiens d’Orient qui ont accepté de parrainer cet évènement, ainsi que tous les jeunes qui l’ont organisé. Honnêtement, je suis vraiment impressionné.

Vous parliez d’espérance. Quelle est la vôtre aujourd’hui ?
Quand je vois le nombre de gens qui ne nous oublient pas, croyez-moi, elle est immense ! Notre quotidien est difficile, parce que l’Irak est terriblement blessé aujourd’hui, mais notre espérance n’est pas de ce monde en réalité ! Notre espérance est en Dieu, et je vois ici, à Paris, qu’elle est réellement universelle et dépasse largement les frontières. Mon espérance de pasteur est de voir mes brebis rester et vivre sur leur terre, en Irak, pour continuer à porter le message du Christ là où ont vécu leurs pères. C’est une ambition difficile, mais nous y travaillons chaque jour et les fruits sont parfois au-delà de ce que nous avions imaginé ! C’est pour cela que j’insiste sur mon émotion devant la mobilisation de ces coureurs : leurs efforts vont permettre de financer la construction d’une école à Bagdad, et c’est une des conditions absolument nécessaire pour que les familles puissent imaginer leur avenir dans le pays. Les parents sont rassurés de savoir que leurs enfants seront instruits et capables de construire eux-mêmes leur avenir.

Comment porterez-vous ce message de soutien en Irak ?
D’abord, vos prières arrivent par les voies impénétrables du Seigneur et je n’ai pas nécessairement besoin de les transmettre. Pour ce qui est de la mobilisation, des messages d’amitié et d’encouragement, des efforts fournis, etc., je vais tout simplement leur dire, leur raconter, et leur apprendre parfois combien nous avons d’amis en France. Le jour de l’inauguration de cette école, vous pouvez être sûrs que la communion sera totale avec ces jeunes, notamment dans la prière. Le simple fait de savoir que des gens parlent de nous, se soucient de notre quotidien et s’inquiètent pour notre avenir sera une consolation, je le sais.

Qu’attendez-vous de ces chrétiens français dans l’avenir ?
Rien de plus. La prière évidemment, parce que c’est l’essentiel, et le soutien de ceux qui le peuvent qui améliore considérablement notre quotidien. Ne nous oubliez pas, et ne relâchez jamais vos prières !