« Notre force, c’est l’espérance ! »

Salem est chrétien, soldat et membre de la défense nationale syrienne.

Votre village a récemment été attaqué par des islamistes et vous avez combattu… Quelle force trouvez-vous pour résister encore ?
Notre village est chrétien et tous les jeunes se sont mobilisés, avec l’aide de l’armée syrienne, pour le défendre des attaques islamistes qui sont incessantes depuis le début de cette guerre.
Je ne suis pas de ce village, mais j’ai été affecté ici par l’armée.
Je suis chrétien, et je sais ce que je défends avec eux, j’ai donc intégré – en plus de mon travail – la défense nationale parce que je refuse de les laisser gagner et nous chasser.
Cette terre est la nôtre et notre force, c’est l’espérance de maintenir notre présence dans la région.

Vous espérez donc encore ?
Honnêtement, nous n’avons plus d’espoir.
Mais l’espérance nous fait vivre, parce que de toute façon celle du Ciel est plus grande que le calvaire qui nous attend peut-être ici.
Nous gardons l’espérance parce que nous sommes chrétiens, et que nous sommes légitimes lorsque nous nous défendons.
La foi, l’espérance et la charité, c’est ça être chrétien. Eh bien, nous avons la foi, nous entretenons notre espérance et nous faisons preuve de charité autant que notre faible nature humaine nous le permet.
Nous n’avons jamais attaqué personne et je ne veux aucun mal à personne. Vraiment, personne.
Nous nous battrons jusqu’à la mort, parce que nos ennemis sont esclaves du diable et que nous le refusons catégoriquement. Ils égorgent, kidnappent, bombardent des civils…
C’est inacceptable et nous avons le devoir de protéger nos familles, nos églises et nos maisons.

Vous êtes déjà soldat… Pourquoi rejoindre en plus la garde nationale ?
Je vous l’ai dit, je sais exactement pourquoi je me bats lorsque je défends ce village et je ne pourrais pas ne pas le faire. Mes journées sont chargées, mes nuits aussi c’est vrai. Mais mon pays est en danger de mort, je ne réussirais sans doute pas à dormir si je ne faisais pas tout ce qui est en mon pouvoir pour le sauver.
Si nous perdons cette guerre, c’est la fuite ou la mort pour les chrétiens (comme pour beaucoup d’autres d’ailleurs). Or cette région a besoin du Christ, comme toutes les régions du monde.

Attendez-vous quelque chose des Français ?
De leur gouvernement, plus rien à moins qu’il décide de nous laisser en paix.
Des Français, j’attends leur prière.
Je sais que nous avons de très nombreux amis parmi les Français… Et je sais aussi qu’ils ont récemment partagé avec nous la douleur du terrorisme.
Nous sommes unis, par la prière.
Cela semble inutile, c’est vrai.
Mais, au bout de cinq ans de guerre, croyez-moi, c’est notre seule force.