« Priez, c’est un miracle que nous attendons ! »

Quelle est la situation pour les chrétiens d’Alep ?
Elle est sensiblement meilleure depuis quelques jours, mais il y a toujours de nombreux bombardements et les habitants ont peur. Personne ne sort des maisons après la tombée de la nuit. Certains ont même perdu leurs maisons lors des bombardements de Pâques et beaucoup n’ont plus de travail… La situation est vraiment difficile et les Aleppins sont fatigués de cette guerre interminable.
Plus de 600 familles chrétiennes sont parties depuis que certains quartiers chrétiens ont été bombardés. Beaucoup espèrent revenir rapidement, si la situation le permet. D’autres prévoient de quitter Alep dès la fin des examens scolaires de leurs enfants… L’hémorragie est terrible.
Quand cela va-t-il finir ? C’est la seule question que nous nous posons, nous n’attendons que ça. En attendant, nous continuons notre travail auprès de tous ceux qui sont restés.

Comment les aidez-vous ?
Nous aidons certaines familles à se reloger. Nous sommes également très attentifs à tous les jeunes de la ville.
Nous avons eu vendredi 15 mai une très belle journée avec les familles. Nous étions plus de 1 000 et c’était l’occasion d’entendre les gens nous remercier de leur avoir offert un peu de joie au cœur de cette période terrible.
Nous prévoyons également des camps d’été pour des centaines d’enfants dès le mois de juillet, et certains animateurs seront d’ailleurs français, puisque l’association SOS Chrétiens d’Orient nous aide à les organiser. Nous essayons de donner parfois des périodes de répit à ces enfants qui vivent des choses bien trop difficiles pour eux.
Notre espérance est intacte : les chrétiens continuent à venir prier malgré les risques que cela comporte parfois… Pour prier, nous n’avons pas peur !
La plupart des familles qui ont quitté la ville attendent également de revenir. Cette terre est aussi la nôtre : nous sommes chez nous et nous comptons y rester ! Nous aimons cette ville et notre pays. Quelle souffrance de voir ce qui leur arrive !
Nous subissons le terrorisme de combattants étrangers. Tout allait bien avant cette guerre, nous voulons seulement la paix. Mais si notre espérance demeure, c’est parce que la Providence est là : nous arrivons, même après 4 ans de guerre, à aider ceux qui en ont besoin. Grâce à Dieu, et grâce aux gens qui nous aident financièrement aussi. Il y a parmi eux des Français : du fond du cœur, un immense merci !

Que faire depuis la France ?
La France peut beaucoup pour nous, en commençant par écouter les Syriens.
Il faut élever la voix pour réclamer la paix. Personne ne semble écouter ce que nous avons à dire, et ce que nous désirons profondément.
Ces terroristes utilisent des armes très modernes ; d’où viennent-elles ? Cela suffit !
Priez tant que vous pouvez, c’est un miracle que nous attendons. Celui d’un changement des mentalités.