« Prions pour que la paix revienne dans le pays et dans les cœurs ! »

Quelle est la situation à Damas ?
La situation est la même depuis des mois… La ville est relativement sûre et nous continuons à y vivre le plus normalement possible. Mais il reste encore parfois des obus qui tombent sur la ville, lancés par les islamistes qui se tiennent dans certains quartiers de la banlieue proche. L’hôpital Saint-Louis a régulièrement été visé pendant cette guerre, notamment lors de la dernière Saint-Sylvestre, où trois obus avaient été tirés sur la maternité. Dieu merci, les trois chambres visées étaient vides ! Vous le voyez, la Providence est là et nous ne sommes pas seuls pendant cette guerre. Cela fait un mois et demi que nous n’avons reçu aucune bombe à l’hôpital. Prions pour que cela continue !

Avez-vous peur ?
Comment ne pas avoir peur ? Nous avons peur en tant que Syriens, en tant que chrétiens, en tant que parents, religieuses, enfants… Les jeunes sont angoissés : quel avenir leur propose un pays ravagé par cette guerre interminable ? Leurs parents le sont pour les mêmes raisons. Ce qui arrive à la Syrie est profondément injuste et les Syriens paient le prix d’une fausse promesse. On a parlé de démocratie et de droits de l’homme ; nous nous retrouvons avec des maisons détruites, des familles éclatées et un pays ravagé. Nous ne voulons que la paix. Évidemment que nous avons peur. Mais nous avons aussi l’espérance. Nous ne cessons de prier pour retrouver la paix et la Syrie.

Quel est le quotidien à l’hôpital ?
Nous tentons de faire notre travail le mieux possible avec les blessés, les malades, mais également leurs familles. Les besoins sont toujours plus nombreux, mais les moyens ne suivent pas toujours. Notre rôle est également de rassurer. Nous ne sommes pas seulement responsables de cet hôpital ; nous sommes religieuses ! Nous tentons donc de venir en aide le mieux possible à ces familles, que leurs malades soient des blessés de guerre ou non. Mais nous mettons aussi l’accent sur les situations d’urgence, comme les familles qui n’ont plus de maison par exemple. Et nous prions, quotidiennement, pour que la paix revienne dans le pays autant que dans les cœurs.

Très concrètement, quelle aide recevez-vous ?
Les besoins sont multiples et les aides sont toujours manquantes dans une situation pareille. Nous avons les mêmes soucis qu’un hôpital normal, la guerre en plus ! Il n’y a pas d’organisations qui nous aident sur place, nous recevons en revanche l’aide de la nonciature apostolique, et Caritas Syrie nous aide à régler certaines factures. Les Nations Unies nous fournissent des biens consommables une fois par an et l’association SOS Chrétiens d’Orient nous a récemment fait parvenir des lits, brancards, fauteuils, tables de chevets, ainsi que du matériel médical « consommable ». Un immense merci à tous ceux qui nous aident par la prière et les dons, c’est inestimable!