Al-Qaryatayn : 250 chrétiens syriens soumis à la Dhimma et à la Djizîa

Il a régné, autour du 4 septembre, une grande confusion médiatique, suite à l’annonce de la libération de quelque 200 chrétiens assyriens otages de l’État Islamique. Finalement, cette “libération” concernait les chrétiens arrêtés lors de la prise de la ville d’Al-Qaryatayn, le 6 août. En fait de “libération”, quelque 250 chrétiens n’ont eu la vie sauve qu’en signant la Dhimma et en s’engageant à payer la Djizîa, comme le précise Assyrian International News Agency (AINA) dans une dépêche du 5 septembre.

Plus de 200 chrétiens qui étaient détenus par l’État Islamique (EEIL) ont été libérés, mais sont obligés de vivre sous une législation qui leur est imposée par le groupe terroriste […]. L’EIIL avait fait prisonnier quelque 270 chrétiens dans la ville d’Al-Qaryatayn. Ils n’ont pu regagner leurs maisons qu’après avoir accepté de payer la Djizîa et de signer la Dhimma [contrat de dhimmitude conforme à la charia], afin de pouvoir rester en ville et d’échapper à la mort.

Les chrétiens enlevés appartiennent à l’Église syriaque orthodoxe et à l’Église syriaque catholique. L’archevêque syriaque orthodoxe Jean Kawak, qui réside à Damas, a confirmé à Newsweek leur libération et a déclaré qu’ils étaient désormais traités comme des « esclaves » dans la ville et qu’ils vivaient comme des « citoyens de troisième zone ». […] « Nous pouvons aussi confirmer les termes du contrat, conforme à la charia, qui impose une taxe à nos fidèles de quatre dinars d’or par personne et par an […] ». « Il est également interdit à nos fidèles de construire des églises et des monastères dans et autour de la ville », a ajouté l’archevêque. […]

Ces règles imposées aux chrétiens sont étayées par le Syrian Observatory for Human Rights (Royaume-Uni) qui dispose d’un vaste réseau de contacts en Syrie. […] Cette Dhimma indique que l’ordre est venu directement du calife de l’EIIL, Abu Bakr al-Baghdadi, et elle précise qu’il « accorde » aux chrétiens une garantie « sur leur argent et leurs âmes », de ne pas « les contraindre à changer de religion » […]. « Ils sont toujours dans la ville et dans leurs maisons, mais ils n’ont pas l’autorisation de les quitter ».

Source : AINA, 5 septembre – © CH pour la traduction.