Al-Sissi rencontre Trump : Coptic Solidarity met en garde

Republican presidential candidate Donald Trump (L) meets with Egyptian President Abdel Fattah el-Sisi at the Plaza Hotel on September 19, 2016 in New York. / AFP PHOTO / DOMINICK REUTER

Abdel Fattah al-Sissi est arrivé à Washington D.C. le 3 avril pour une visite officielle d’État. L’association états-unienne Coptic Solidarity saisit cette occasion pour interpeller Donald Trump et son gouvernement. La diaspora copte égyptienne émet un jugement sévère sur le gouvernement d’al-Sissi et sur l’Église copte orthodoxe.

Coptic Solidarity en appelle au Président Trump pour que la question des droits de l’homme soit incluse à tous les niveaux de la discussion avec le Président al-Sissi lors de sa visite à Washington. Les États-Unis doivent s’associer à l’Égypte pour combattre le terrorisme et pour faire progresser la sécurité nationale mais, simultanément, pour promouvoir la liberté religieuse et l’égalité des droits des minorités religieuses opprimées.

Au cours des deux dernières années, les Coptes en Égypte ont éprouvé une montée des attaques contre leurs personnes et leurs biens. Coptic Solidarity a établi une liste de plus de trente cas significatifs de violence survenus pour les seuls six derniers mois. Cette liste fournit un échantillonnage des violentes attaques menées contre les Coptes.

Il est probable que M. al-Sissi présente une image épurée de l’Égypte au cours de sa visite. Pourtant, c’est sous sa supervision que s’est produit sur une large échelle une restriction des libertés civiques. Les Coptes et d’autres minorités religieuses […] subissent une oppression jamais vue même sous la dictature de Moubarak.

Le gouvernement égyptien peut bien rendre responsable le terrorisme étranger pour l’attentat à la bombe de l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul [dimanche 11 décembre 2016 au Caire], mais des attaques contre des églises coptes se sont produites à de nombreuses occasions ces toutes dernières années, et elles sont l’œuvre de musulmans fanatiques égyptiens.

Cette violence n’est pas perpétrée par des terroristes étrangers : elle est commise par [des Égyptiens] et elle est produite par une culture de haine et d’impunité répandue en Égypte.

Les idéologies fondamentalistes musulmanes sont renforcées par les médias étatiques et les programmes scolaires obligatoires qui instillent la haine contre toutes les minorités religieuses non musulmanes. Le Président al-Sissi a autorisé les Salafistes à diffuser librement leurs enseignements fondamentalistes. Cette culture de haine et de sectarisme religieux se manifeste aussi dans l’application de la législation “contre le blasphème” qui utilise la religion pour supprimer la liberté de parole. […]

Les enlèvements, les ruses et les conversions forcées de jeunes filles mineures coptes, constituent un problème persistant depuis des années, un problème qui est renforcé par la collusion des autorités.
Construire ou réparer une église exige une autorisation spéciale. La nouvelle loi de 2016 portant sur la construction des églises est remplie de restrictions et de lacunes qui, de fait, interdisent la construction d’églises. Beaucoup d’églises demeurent fermées sur ordre des forces de sécurité. […]

On dit que l’Égypte a dépensé des millions payés à des entreprises de lobbying aux États-Unis. Le gouvernement et les législateurs fédéraux doivent prendre conscience que ces efforts ne correspondent pas à la réalité sur le terrain.

Il faut aussi dire que l’Église copte a été récupérée par le gouvernement égyptien et est soumise à de fortes pressions pour lui faire nier qu’existent de graves problèmes et même pour lui faire déclarer que sa situation présente s’est améliorée.

Coptic Solidarity soutient la stabilité en Égypte. Elle exhorte toutefois le Président Trump à conditionner le combat contre le terrorisme et l’aide économique à l’Égypte, à [la mise en place] de progrès concrets et mesurables dans la société civile, dans le domaine des droits de l’homme et pour la liberté religieuse au profit des Coptes et de tous les Égyptiens.

Coptis Solidarity, 30 mars – © CH pour la traduction.