Bill Donohue : « La duplicité de Weinstein est confondante ! »

La Catholic League a réagi immédiatement à l’annonce des turpitudes du producteur Harvey Weinstein. Son président, Bill Dono­ hue, a exhumé un communiqué de 2015, traçant un portrait peu flatteur de celui qui est désormais universellement conspué – même par des gens qui sont encore pires que lui… C’est surtout la duplicité de Weinstein qui est soulignée par Donohue. Elle est patente et ignoble. Comment faire pour ne pas croire à la justice immanente ?

Bill Donohue et Harvey Weinstein se sont affrontés pendant plus de deux décennies. Ce qui suit est un résumé des films de Weinstein constituant un dénigrement permanent du catholicisme (ce résumé est tiré d’un précédent communiqué de presse). Cela vaut la peine d’être relu à la lumière des informations récentes sur ce coureur. Nous savons désormais que Weinstein a abusé de femmes, alors même qu’il était le champion des droits des femmes. Cela semble tout à fait conforme à la duplicité de sa personnalité : il condamnait certaines formes d’intolérance religieuse (l’antisémitisme) mais participait à d’autres (l’anticatholicisme).

Les commentaires de Donohue remontent au 26 mars 2015. Il les fit à propos d’une déclaration de Weinstein condamnant l’antisémitisme lors d’une cérémonie de remise de prix au Simon Wiesenthal Center, deux jours auparavant.

« Nous allons devoir nous organiser comme la Mafia » a déclaré Weinstein. « On ne peut plus supporter ça. On ne peut plus supporter ces choses. Il va falloir trouver un moyen de contre-attaquer. » Il recevait le Prix humanitaire des mains de Christoph Waltz qui le louait d’avoir fait des films rendant les Juifs fiers de leur héritage.

Je m’associe à Weinstein dans sa condamnation de l’antisémitisme. Mais avant d’être disposé à signer un communiqué commun avec lui, il doit d’abord condamner l’anticatholicisme et prendre l’engagement de ne plus y participer. En 1995, Weinstein et son frère Bob nous ont offert Priest [titre non traduit en France], un film qui ne mettait rien d’autre en scène que des prêtres mécréants. En 1998, ils nous ont donné Le Garçon boucher où l’actrice principale, Sinead O’Connor, interprétait une Vierge Marie au langage ordurier. En 1999, on nous a servi Dogma dont les spectateurs ont pu apprendre l’existence d’un descendant de Marie et de Joseph, travaillant dans une clinique d’avortement.

En 2002, ils firent sortir 40 jours et 40 nuits, un film qui ridiculise un catholique parce qu’il s’abstient de relations sexuelles pendant le Carême. Sortie également en 2002, The Magdalene Sisters, un film qui calomniait les religieuses. En 2003, Bad Santa, sortit avant les fêtes de fin d’année : le Père Noël […]était un alcoolique, […] un suicidaire et un prédateur sexuel. En 2006, Black Christmas posait […] un regard très sombre sur les fêtes [de Noël]. […] L’anticatholicisme et l’antisémitisme doivent tous les deux être condamnés sans équivoque. Condamner l’un sans condamner l’autre est irresponsable, bien que ce soit à la mode de procéder ainsi.

Catholic League, 10 octobre – © CH pour la traduction.