Catholic League : les musulmans ont le droit d’être en colère

Dans un communiqué au titre quelque peu provocateur, « Les musulmans ont le droit d’être en colère », et qui lui a valu d’être accusé aux États-Unis de justifier les djihadistes parisiens, Bill Donohue, président de la Catholic League a expliqué le 7 janvier dernier aux « Je suis Charlie » que la liberté d’expression n’est pas la liberté d’injurier, et qu’on peut comprendre la colère des musulmans sans admettre leur violence. C’est peut-être un peu trop subtil pour les journalistes et les lecteurs de Charlie Hebdo

Tuer en réaction à une injure, indépendamment de son énormité, doit être condamné sans équivoque. C’est pourquoi ce qui s’est passé à Paris est intolérable. Mais nous ne devons pas davantage tolérer le type d’intolérance qui a provoqué cette réaction violente.

Ceux qui travaillent dans ce journal ont une longue et abjecte tradition d’outrepasser la simple satire de personnalités publiques, et c’est particulièrement vrai de leurs représentations de personnalités religieuses. Par exemple, ils ont dessiné des religieuses se masturbant et des papes portant des préservatifs. Ils ont aussi montré Mahomet dans des positions obscènes.

Alors qu’il existe des musulmans aujourd’hui qui sont opposés à toute représentation du prophète, d’autres ne le sont pas. En outre les images représentant Mahomet ne sont pas interdites par le coran. Ce qui unit les musulmans dans leur colère contre Charlie Hebdo, c’est la manière vulgaire dont Mahomet a été représenté. À cet égard, je suis totalement en accord avec eux.

Stéphane Charbonnier [Charb], le rédacteur en chef du journal, a été tué ce jour dans le massacre. Il est vraiment dommage qu’il n’ait pas compris le rôle qu’il a joué dans sa propre et tragique mort. En 2012, alors qu’on lui demandait pourquoi il injuriait les musulmans, il répondit : « Mahomet n’est pas sacré pour moi ». S’il avait été moins narcissique, il serait peut-être toujours en vie. Mahomet n’est pas non plus sacré pour moi, mais il ne me viendrait jamais à l’idée d’injurier délibérément les musulmans en les dénigrant.

Les artistes anticatholiques [aux États-Unis] m’ont poussé à organiser bien des manifestations, mais je n’ai jamais conseillé de recourir à la violence. Madison avait raison quand il déclarait : « La liberté peut être mise en péril aussi bien par les abus de liberté que par les abus de pouvoir ».

Source : Catholic League (7 janvier) – © Christianophobie Hebdo pour la traduction