Christianophobe, cette réforme du collège ?

N ous avons beaucoup entendu parler, ces derniers temps, de la réforme du collège et de la refonte des programmes scolaires. Sans évoquer l’ensemble des changements de cette réforme, quelques points attirent plus précisément notre attention.

Présenté par l’opaque Conseil Supérieur des Programmes (créé par Vincent Peillon dans la loi de refondation de l’école de 2013, et où les membres sont nommés… par le ministre !), ce projet prévoit, pour l’enseignement de l’histoire, de faire une distinction entre des thèmes obligatoires et d’autres laissés “au choix” des enseignants. À première vue, cette subsidiarité n’est pas choquante. Mais à y regarder de plus près, on remarque qu’en 5ème, le module « L’Islam : débuts, expansion, sociétés et cultures » est présenté comme obligatoire, tandis que « Les empires byzantin et carolingien entre Orient et Occident » est qualifié de facultatif.

Je note également que le professeur peut choisir d’étudier l’Occident chrétien, mais seulement sous le prisme de l’« encadrement de la société rurale par l’Église ».
Le président du CSP, Michel Lussault, a concédé qu’il y avait un vrai « manque de clarté » et que c’était un projet “mal fagoté”. Il est rare de voir ce genre de décideurs politiques non élus faire son autocritique à ce point-là. C’est qu’il y a une grosse anguille sous roche…

Soyons honnêtes, et notons que le programme propose également d’enseigner « La Première Guerre mondiale et les violences de guerre » en incluant le génocide des Arméniens, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour l’entretien de la mémoire de ce massacre innommable, dont nous commémorons cette année, dans la douleur, le centième anniversaire.
Hormis ce point positif, le programme, couplé à la création de multiples “référents laïcité”, chargés d’intervenir dans les établissements pour interpréter (à la place des professeurs) la charte de la laïcité de Vincent Peillon, est plutôt inquiétant : il tend à enfoncer nos racines chrétiennes dans cet oubli et ce mépris que le régime actuel organise avec tant de talent.
Au fond, ce qui fait le plus peur, et qui explique le tout, c’est ce module (laïque et) obligatoire qui apparaît dans le programme de la 4ème : « Construire, affirmer, consolider la République en France ». Voilà qui promet un bon catéchiste laïciste !