Conseil militaire syriaque : l’aide militaire des Etats-Unis lui fait défaut

Le Conseil militaire syriaque – et sa branche féminine : les Forces de protection féminine Bethnahrin – mène des opérations militaires dans trois gouvernorats : deux syriens (Al-Hasaka, Ar-Raqqa) et un irakien (Ninive). Ses quelque 2 000 combattants se plaignent de ne pas bénéficier d’aide en équipements militaires des États-Unis, et ils l’ont fait savoir dans un communiqué du 3 avril dernier.

Le général [Joseph] Votel [qui dirige le Commandement central des États-Unis (CENTCOM)] a déclaré lors d’une audition au Congrès le 29 mars 2017 que « la force la plus efficace [contre l’État Islamique en Irak et au Levant] que nous avons actuellement en Syrie, ce sont les Forces démocratiques syriennes [FDS] qui sont constituées à la fois de Kurdes, d’Arabes, de Turkmènes et parfois de chrétiens ».

Avant tout, nous souhaitons souligner ce simple fait : en tant que chrétiens syriaques et assyriens, nous sommes membres fondateurs des FDS, via le Conseil militaire syriaque.

Nous avons, en outre, été parties prenantes de chacune des opérations des FDS.

Certes, nous ne représentons qu’un petit nombre, du fait que notre population est faible en raison des génocides que notre peuple a subis.

Toutefois, nous sommes des partenaires à part entière dans le FDS et nous protestons contre cette impression que nous serions moins impliqués que nos compatriotes arabes, kurdes ou turkmènes.

Nos hommes et nos femmes sont sur les lignes de front et nous avons perdu bien des amis dans la bataille.
Nous savons que ce ne sont pas nos compatriotes qui ont créé cette impression, mais un manque d’information du côté des États-Unis.

Du fait que le Conseil militaire syriaque est membre fondateur et de plein droit du FDS, il demande qu’on lui fournisse de l’équipement militaire et des munitions, au même titre que les Arabes et les Turkmènes du même FDS.

Nous ne sommes pas les Unités de protection du peuple [YPG kurdes].

Jusqu’à présent, les YPG ne reçoivent pas d’équipement parce que la Turquie les accuse de faire partie du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan]. Nous sommes en désaccord sur ce point car nous savons qu’elles n’en font pas partie.

Quoi qu’il en soit, nous faisons remarquer le fait évident qu’assurément, nous ne faisons pas partie du PKK (nous ne sommes pas Kurdes) et que personne n’a jamais déclaré que nous en faisions partie.

Il n’y a aucune raison de nous priver d’un soutien en équipement équivalent à celui qui est accordé aux Arabes.

Le fait que nous ayons souffert de génocides souligne notre besoin d’équipements militaires. Si nous sommes faibles, nous serons la cible des forces extrémistes que combattent les FDS.

Nous prendrons part à toutes les opérations sur Raqqa indépendamment du niveau actuel de notre équipement militaire.

Nous ne pouvons pas imaginer que les États-Unis veuillent délibérément que nous soyons moins bien équipés que nos associés arabes quand nous entrerons dans cette grande bataille.

Nous remercions les États-Unis pour leur aide accordée lors des batailles cruciales et de leur soutien aux FDS.

Nous espérons aussi que ce sera une occasion de travailler ensemble sur le long terme à la sécurité et à la liberté de notre peuple et de tous les peuples de la région.

Conseil militaire syriaque.
Commandement général.

Syriac Military Council, 3 avril – © CH pour la traduction.