Coptic Solidarity met en garde les évangélistes contre al-Sisi

Le 1er novembre dernier, un groupe important de responsables évangéliques des États-Unis a été reçu au Caire par le Président al-Sisi. Cette réunion, qualifiée d’historique, a duré quelque trois heures… Ces évangéliques sont rentrés chez eux plein de reconnaissance et d’admiration pour al-Sisi. Coptic Solidarity, une ONG de défense des Coptes dont le siège est aux États-Unis, met en garde ces responsables contre un tel engouement dans un long commentaire dont voici quelques passages saillants.

Le héros d’al-Sisi, Sadate, fut le dirigeant égyptien qui fit entrer la charia comme source principale du droit dans la Constitution égyptienne, qui assigna à résidence le pape Shenouda III dans le monastère Saint-Bishoy en plein désert et loin de son troupeau pendant quarante mois, qui fit jeter en prison 500 journalistes […], qui n’hésitait pas à se dire lui-même « Président musulman d’une nation musulmane », -excluant intentionnellement tous les autres Égyptiens, essentiellement les Coptes chrétiens, et qui ouvrit les portes à l’idéologie musulmane extrémiste wahhabite d’Arabie saoudite, permettant ainsi aux salafistes de s’enraciner profondément en Égypte.

L’origine de la culture de haine contre tous ceux qui ne sont pas des musulmans sunnites peut être trouvée dans ces développements, lorsque des imams islamistes commencèrent à prêcher la haine contre les minorités religieuses, quand les programmes de l’enseignement gommèrent six siècles de l’histoire copte et commencèrent à dénigrer les Juifs et les chrétiens, et lorsque les attaques contre les Coptes se mirent à augmenter. Alors que quelques hommes politiques américains se fixaient sur le traité de paix de Sadate avec Israël – traité qui, ironiquement, fut soutenu par les musulmans modérés et non par les islamistes –, ils détournèrent les yeux de l’effet dévastateur que les croyances et la politique de Sadate avaient sur la société égyptienne en général et sur les minorités chrétiennes en particulier. En outre, le traité de paix de l’Égypte avec Israël s’est réduit à une coexistence froide et n’a pas réussi à aboutir à la coopération économique et aux échanges culturels qu’il était supposé obtenir principalement du fait de la culture de haine dominante des fondamentalistes musulmans qui régnait en Égypte.

Al-Sisi a gagné des embrassades de certains hommes politiques américains en diabolisant les Frères Musulmans contre lesquels son combat est totalement politique et non idéologique, tout en donnant libre cours aux salafistes encore plus extrémistes qu’eux. Leur partenariat est tel que les salafistes à l’aspect si pieux, ont conféré à sa gestion politique une légitimité musulmane et, en échange, il permet à leur idéologie, qui est autant, sinon plus, haineuse envers les chrétiens, les Juifs et les laïcs que celle des Frères, d’infiltrer tous les niveaux de la société : médias, enseignement public et, bien sûr, mosquées.

Juste avant la visite officielle d’al-Sisi aux États-Unis, en avril der-nier, le patriarche copte Théodore II et le Révérend Andrea Zaki, président du conseil des Églises protestantes ont adressé des lettres aux membres du Congrès des États-Unis, déclarant que la situation des chrétiens s’était améliorée en Égypte, malgré les preuves du contraire. Le gouvernement égyptien a exercé une pression maximale sur les responsables chrétiens […] pour qu’ils fournissent des déclarations et des lettres qui les attèlent à lui et qui peuvent être utilisés dans ses campagnes de relations publiques pour créer chez les Américains une fausse réalité qui n’existe pas en Égypte. […]

Qu’on ne s’y trompe pas : tout cela constitue les pas orchestrés d’une campagne futée de relations publiques des services de renseignement égyptien qui ont dépensé des millions de dollars pour s’assurer, à cette fin, les services d’entreprises de lobbying aux États-Unis […]

On espère, finalement, que le prestige et la réputation obtenus pour avoir rencontré le Président égyptien, n’auront pas été acquis au prix des vies et du bien-être des chrétiens égyptiens.

Coptic Solidarity, 8 novembre – © CH pour la traduction.