Cour suprême des États Unis : un arrêt exemplaire pour une saine laïcité

Il existe aux États-Unis des organisations laïcistes aussi malfaisantes et obstinées qu’en France. L’incompréhension de ce qu’est une saine laïcité est équitablement répandue des deux côtés de l’Atlantique. Dans un arrêt du 26 juin qui fera date, la Cour suprême des États-Unis a confirmé hier que la Constitution du pays n’était pas laïciste. Doit-on refuser une aide publique à une institution religieuse qui la demande – comme le ferait n’importe quelle autre entité – pour financer une aire de jeux destinée à tous les enfants ? Les laïcistes l’affirmaient. La Cour suprême est d’un tout autre avis…

Ce qui est en cause [dans l’affaire Trinity Lutheran Church contre Comer], c’est de savoir si l’État a le droit de refuser un financement sur fonds public d’une organisation religieuse, lorsque l’argent sera utilisé dans un but laïc.

Pour le dire autrement : est-il constitutionnel de traiter une Église différemment d’une institution non religieuse ?

La Cour suprême a jugé, par 7 voix contre 2, que « refuser à la Trinity Church un statut d’utilité publique, auquel par ailleurs elle est qualifiée, au seul motif qu’elle est une Église est tout de même une offense à notre Constitution et est insoutenable ».

L’arrêt ne mâche pas ses mots : « Cette Cour n’a cessé de rappeler que refuser un avantage accordé en principe à tous, au seul motif d’une identité religieuse revenait à pénaliser le libre exercice de la religion. »

La victoire d’aujourd’hui va bien au-delà du droit d’une Église luthérienne du Missouri de recevoir une aide financière publique pour une aire de jeux.

Près de 80 États ont adopté l’amendement Blaine qui est discriminatoire envers les lieux de culte et les institutions religieuses pour ce qui est de recevoir des aides publiques. Cet amendement est intrinsèquement anticatholique, c’est un sectarisme qui était au cœur du programme des nativistes du XIXe siècle.

Défendre ce sectarisme fut le fait des Americans United for Separation of Church and State, une organisation qui s’est elle-même constituée sur une base anticatholique dans les années 1940 […].

C’est une grande victoire pour la liberté religieuse. Beaucoup reste encore à faire pour restaurer la fidélité au but original du Premier amendement.

Catholic League, 26 juin – © CH pour la traduction.