Document : Concile de l’Église apostolique de l’Orient

Le concile des évêques a discuté de manière approfondie des conditions difficiles dans lesquelles les peuples de la région du Moyen-Orient ont été plongés malgré eux, notamment en Irak et en Syrie, et qui représentent l’Église d’Orient et les chrétiens d’Orient au sens large, avec sa présence profonde, enrichissant la région et ses populations connues pour leur diversité ethnique, religieuse et culturelle, laquelle s’exprime dans une coexistence pacifique manifestant cette diversité ethnique, religieuse et culturelle de manière positive et solidaire […].
Le Concile a discuté des sujets qui, actuellement, menacent cette diversité et cette coexistence enrichissante […]

2. Le Concile des évêques, fidèle à l’Évangile salvifique du Christ, continue de proclamer la paix et le respect pour tout être humain sans acception d’identité, de croyance ou d’opinion, et il maintient la position de l’Église : la mort et la guerre ne sont pas moyens appropriés et acceptables pour aboutir à une solution durable ; au contraire, c’est le dialogue et la tolérance de l’autre qui pourront authentiquement […] résoudre ces conflits.

À partir de cette position même, le Concile des évêques invite toutes les parties prenantes du conflit en cours, […] au dialogue et à la reconnaissance nationale de la dignité de la personne humaine, image et ressemblance de Dieu, et donc au-dessus de toute autre forme de dignité. Ainsi, la diversité des idées et des dogmes – susceptible d’être utilisée par les forces du mal et des ténèbres pour affliger les peuples et semer chez eux la discorde – pourrait être complètement surmontée.

3. Une nouvelle fois, le Concile des évêques appelle les autorités gouvernementales et politiques […] à examiner […] les causes premières de ces conflits en débattant sur les lois, les constitutions, les programmes scolaires, les institutions d’enseignement, ainsi que les organes de presse, les prêches religieux, etc., afin que tous proclament et rendent réelles une culture du pardon et l’acceptation de l’autre.

4. Le Concile a également discuté de la catastrophe humaine [imposée aux] personnes déplacées. Les évêques expriment leur gratitude et leurs remerciements aux autorités du gouvernement régional du Kurdistan irakien et au gouvernement de la République du Liban pour leur grande diligence à soulager le poids du fardeau que cette catastrophe a fait peser sur ceux qui ont été contraints à quitter leurs foyers […]. Le Concile présente, en outre, ses remerciements aux différentes Églises et organisations d’aide humanitaire […]. Nous espérons que la communauté internationale assumera son propre rôle pour soulager [cette] situation critique […].

5. Le Concile des évêques fait monter ses prières et ses supplications au nom des otages et des personnes enlevées, parmi lesquels des familles entières, des enfants, des personnes âgées et des femmes de toutes origines et localités. Tout particulièrement, le Concile demande la libération immédiate et en toute sécurité de plus de 200 fils et filles de l’Église assyrienne d’Orient, des villages de la vallée de la rivière Khabour, qui sont maintenus en captivité, innocents et pacifiques. Des prières sont également offertes pour le retour sain et sauf des deux évêques enlevés, les métropolites Mar Gregorious Yohanna Ibrahim et Mar Paul Yazigi, ainsi que le Père Jacques Mourad et un autre clerc [Boutros Hanna] retenus contre leur volonté, espérant pour eux qu’ils soient relâchés sains et saufs.