Églises vandalisées et profanées : un appel à la “transparence”…

L’affaire dont je sou­haite vous entretenir dans cet édito­rial, est emblématique des difficultés que je rencontre régulièrement pour informer les lecteurs du blogue L’Observatoire de la Christianophobie sur les actes de profanation et de vandalisme que connaissent nos églises et lieux de culte.

Elle est aussi révélatrice d’un étrange mutisme qui, la plupart du temps, suit ces actes de la part de ceux dont on attendrait qu’ils en parlent : paroisses et diocè­ses…

Grâce à un lecteur, L’Obs a été le premier média à signaler, le 21 septembre, un acte particulièrement odieux qui s’est déroulé, fin juin dernier, dans l’église du Sacré-Cœur d’Aurillac (Cantal). L’église fut saccagée et les malveillants poussèrent même leur malfaisance jusqu’à uriner sur l’autel… Mon informateur, tout à fait fiable, tenait cette information de “deuxième main”, car il n’était pas à Aurillac au moment des faits.

Pour avoir des précisions sur la date exacte de l’événement et en savoir un peu plus sur la nature de ces actes, j’ai fait ce que font tous les journalistes : j’ai demandé, par courriels du même jour, confirmation et détails : au curé de la paroisse et au dio­cèse à laquelle elle appartient.

J’attends toujours la réponse du curé… Le diocèse de Saint-Flour me répondit le lendemain par le truchement de son service de communication : il confirmait que des actes de vandalisme s’étaient bien produits et que l’église était, depuis le 1er juillet, fermée sauf aux heures des offi­ces. Mais la réponse ne contenait aucune précision sur la nature des actes de vandalisme.

Un second courriel adressé au dio­cèse, rappelant ma précédente demande, me valut la réponse suivante : « Je ne peux pas vous dire que je ne sais pas puisque j’ai eu l’information complète, cependant nous ne souhaitons pas divulguer les actes qui ont été faits… »

Circulez, il n’y a rien à voir ! Encore dois-je m’estimer heureux d’avoir reçu une réponse, même élusive : la plupart du temps je ne reçois pas de réponse du tout !

On constate ainsi, chez les res­ponsables ecclésiaux (curés, évêques, services diocésains), une forme surprenante de “culture de la dissimulation” dont on a bien du mal à comprendre la raison.

Comme pour une maladie, ce n’est pas en taisant la christianophobie qu’on la guérira, bien au contraire.

Il serait temps que les diocèses – voire la Conférence des évêques – se dotent d’un organisme chargé de collecter tout acte de vanda­lisme et de profanation contre les lieux de culte, et en communique le détail à ceux qui sont chargés d’en informer le public. De la “transparence” en ces affaires, est-ce trop demander ?

Daniel Hamiche

daniel.hamiche@christianophobie.fr