Égypte : Coptic Solidariry condamne les massacres du dimanche des Rameaux

L’ONG Coptic Solidarity, dont le siège est en Virginie aux États-Unis, demeure circonspecte sur les capacités – et la volonté – du Président al-Sisi de protéger ses citoyens chrétiens et d’éradiquer l’islamisme militant d’Égypte (voir notre n° 114). Les abominables attentats islamistes antichrétiens de Tanta et d’Alexandrie ne font que renforcer les doutes de Coptic Solidarity même si, pour légèrement atténuer sa ferme condamnation, il convient de préciser que le ministre de l’Intérieur égyptien a révoqué le général Hossameddin Khalifa, chargé de la sécurité dans le gouvernorat de Gharbiya, où se trouve la ville de Tanta, et quelques hauts gradés de la police locale.

optic Solidarity condamne avec fermeté les lâches attentats à la bombe du dimanche des Rameaux (9 avril), qui ont coûté la vie à au moins 43 personnes et en ont blessé 120 autres.

Bien que l’EIIL [État islamique en Irak et au Levant] ait revendiqué ces attentats, cela demande à être confirmé. […] En outre, EIIL-Égypte est un réseau terroriste local qui prospère sur cette “théologie de la haine” musulmane qui prévaut en Égypte.

Ce nouveau pogrome se produit quatre mois après l’attentat à la bombe [11 décembre 2016] contre l’église des Saints-Pierre-et-Paul du Caire, qui a coûté la vie à 28 Coptes […]. En février dernier, l’EIIL a diffusé une vidéo qualifiant de « proies favorites » les Coptes et annonçant de nouvelles attaques. En février et en mars, plus de 355 familles chrétiennes ont été obligées de fuir leurs maisons du Sinaï du Nord après les horribles assassinats de Coptes par les islamistes.

Malgré ces meurtres horribles, les déclarations et les vidéos de l’EIIL, y compris celle du martyre des 20 Coptes sur les plages de Libye [15 février 2015] avec cette déclaration « Un message à la nation de la Croix signée avec du sang », le gouvernement égyptien n’a pas fait grand-chose pour protéger ses citoyens chrétiens et les criminels ont été ainsi encore plus encouragés à perpétrer leurs attaques haineuses. […]

En réponse aux attentats de dimanche, le Président al-Sisi a proclamé un état d’urgence de trois mois et quelques autres mesures essentiellement symboliques. Il n’a pas, du fait de leur incompétence, démis de leurs fonctions le ministre de l’Intérieur et d’autres responsables de la sécurité, ni annoncé de plans concrets pour combattre le discours de haine et les encouragements de ses alliés salafistes qui sont à la racine de ces attaques.

Lors de sa récente visite à Washington D.C., le Président al-Sisi a nié la moindre existence de discrimination contre les Coptes. Et, pourtant, le gouvernement égyptien est directement responsable car il permet la prolifération de l’idéologie haineuse du fondamentalisme musulman […].

En raison d’une telle incompétence, de cette attitude de déni ou de collusion de la part des autorités égyptiennes, Coptic Solidarity exige une enquête indépendante des Nations unies, afin d’évaluer la situation des Coptes en Égypte et de préconiser les mesures nécessaires pour atténuer leur désastreuse situation et éviter une répétition d’une situation tragique comme celle que connaissent les chrétiens d’Irak et de Syrie.

Coptic Solidarity, 10 avril – © CH pour la traduction.