Égypte : la situation des chrétiens empire

Comme nous le remarquions dans notre n° 111, le régime égyptien est incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens chrétiens. Les déclarations, aussi fermes soient-elles, restent des déclarations, mais sur le terrain la réalité est tout autre que les promesses annoncées. Le 16 mars dernier, des députés de la Chambre des Représentants des ÉtatsUnis, proches conseillers du Président Trump pour les affaires moyen-orientales, ont réuni une table ronde consacrée au génocide au Moyen-Orient. Caroline Doss, avocate égypto-américaine et vice-présidente de Coptic Solidarity, y participait. Voici quelques extraits de ses déclarations.

Depuis 2011, on constate une escalade accentuée de la violence perpétrée contre les chrétiens coptes [en Égypte].

Nous avons vu beaucoup d’églises incendiées et nous avons aussi vu des maisons et des commerces chrétiens incendiés.

Malheureusement, la violence n’a cessé de croître. […] L’absence de poursuites, l’absence de protection pour cette minorité [chrétienne] ont permis à cet extrémisme et à cette violence de s’étendre et de s’amplifier au point que nous connaissons aujourd’hui. […]

Les extrémistes musulmans sentent qu’ils peuvent prendre pour cible ces gens [les chrétiens], parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas protégés. […]

Le gouvernement égyptien a négligé, encore et encore, d’accorder une protection élémentaire à ces gens [les chrétiens].

Les chrétiens avec lesquels je m’entretiens chaque jour et qui arrivent aux États-Unis pour s’y réfugier, me disent qu’ils ne voulaient pas quitter leur pays. Ils ne sont pas heureux de le quitter. Ils auraient voulu y rester. Ils aiment l’Égypte mais, malheureusement, ils ont le sentiment que l’Égypte ne les aime pas. »

Caroline Doss aborde aussi la question des chrétiens fuyant le Sinaï Nord :

« Des centaines de familles sont parties au cours des dernières semaines, mais pendant les cinq dernières années, depuis 2011, 4 000 chrétiens sur les 5 000 qui y vivaient l’avaient déjà quitté.

Ce n’est donc pas un problème qui s’est développé ces dernières semaines, mais c’est un phénomène qui remonte à des années. Le groupe qui a pris pour cible les chrétiens ces dernières semaines dans cette seule zone [le Sinaï Nord] affirme être affilié à l’EIIL [État Islamique en Irak et au Levant], mais cette situation dure depuis des années, bien avant que l’EIIL revendique ces actions et avant même qu’il soit présent dans la région. »

Assyrian International News Agency, 18 mars – © traduction CH.