Égypte : les amalgames du grand imam d’Al-Azhar

Javier López López est un écrivain collaborant, notamment, au quotidien espagnol ABC. Il rédige le blogue Soy católico, ¿pasa algo ? (Je suis catholique. Il y a un problème ?) publié sur le site Religión en Libertad. Il y a publié le billet qui suit sur une déclaration du cheikh Ahmed Mohamed el-Tayeb, grand imam d’Al-Azhar au Caire, et spécialiste du “pasdamalgamisme”…

Le grand imam de l’Université Al-Azhar du Caire a déclaré devant le pape que, bien que les religions monothéistes soient non violentes, on trouve des terroristes dans chacune d’elles : c’est comme si le père d’un accro aux jeux disait qu’on trouve des joueurs pathologiques dans toutes les familles. Eh bien non. Pour honorer Jésus-Christ, aucun catholique ne commet de massacre dans une foire aux bestiaux à Téhéran, il ne prépare pas d’hécatombe à la mosquée de Fez, ni n’enlève le muezzin principal de Médine. Ainsi, la généralisation de l’imam repose sur la fausse idée que la violence religieuse n’est pas exclusive à l’islam. C’est peut-être vrai, mais le fait est que combattre l’infidèle, c’est le contraire d’aimer son prochain.
Le catholique fondamentaliste, s’il en existe un, ne loue pas un avion pour aller l’écraser sur la plus haute tour d’Oman aux heures de bureau, il ne roule pas avec un camion sans frein dans le grand bazar d’Istanbul en hurlant “Vive saint Gabriel !”. Le catholique fondamentaliste, s’il en existe un, ne se rend pas à Rome pour s’enrôler dans la quatrième croisade et il n’entre dans une boîte de nuit parisienne que pour danser sur les grands succès de María Ostiz.

De sorte que le grand imam devrait être plus précis. Je ne lui demande pas de dire où vivent les supposés terroristes catholiques parce que nous ne savons pas nous-mêmes où logent les djihadistes. Je lui pose une question plus facile : je lui demande d’énumérer les lieux où ont été commis des attentats au nom du Dieu un et trine, au cours du dernier demi-siècle. S’il ne s’en souvient d’aucun, que cela ne l’inquiète pas : il ne souffre pas de la maladie d’Alzheimer. Parce que c’est prévisible qu’aucun nom ne lui vienne sur le bout de langue. Notamment parce que ce qui ressemble le plus à une révolution catholique depuis cinquante ans, ce fut le Concile de Vatican II.

Religión en Libertad, 29 avril – © traduction CH.