Égypte : malgré des gestes du pouvoir, la persécution des chrétiens ne faiblit guère…

De nos jours, la Sainte Famille ne se réfugierait pas en Égypte pour fuir la persécution, mais elle la quitterait pour y échapper… C’est la thèse hardie, sous forme de trait amer, que soutient le vaticaniste états-unien John Allen dans sa chronique religieuse du Boston Globe, le 5 juillet dernier.
S’il est indiscutable que l’arrivée au pouvoir suprême, voici deux ans, du maréchal Abdel Fattah al-Sissi, a été accueillie avec soulagement et espoir par la minorité chrétienne, et que le nouveau Président égyptien n’a pas manqué de lui manifester son intérêt, par des gestes plus que symboliques, il n’empêche que, concrètement et au quotidien, la persécution des Coptes se poursuit…

Deux cas, parmi des dizaines d’autres, l’ont illustrée ces toutes dernières semaines.
Le 24 juin, tôt le matin, Mariam Youssef, jeune chrétienne de 17 ans, a été enlevée devant sa maison, dans le village de Beni Suef (Haute-Égypte), par quatre jeunes musulmans.
Ces criminels étaient, comme on dit, “bien connus des services de police”, mais, quand le père de la jeune fille s’est rendu au commissariat pour déposer sa plainte, les fonctionnaires ont refusé de l’enregistrer…

L’enlèvement des chrétiens est une nouvelle plaie de l’Égypte contemporaine, que le mobile soit le lucre ou, pour les jeunes filles, la conversion à l’islam et le mariage forcé – au moins 600 cas entre 2012 et 2014 !

Dans la même semaine, les parents de Bahaa Gamal Mikhail, conscrit chrétien de 24 ans, ont été priés par l’autorité militaire de venir chercher à la morgue le corps de leur fils.
Le jeune homme, seul chrétien de son bataillon, s’était, par dépression, suicidé avec un revolver dans sa caserne, selon ces mêmes autorités. Le corps de l’infortuné jeune homme portait un hématome suspect au front et deux impacts de balles dans le thorax…

Le prêtre de la paroisse du jeune homme et ses parents ont démenti la rumeur d’une quelconque dépression chez lui : il était équilibré, joyeux et se préparait même à entrer au monastère à la fin de son temps de service. On suspecte, évidemment, un meurtre.

Un cas semblable avait été signalé en août 2013 : un autre conscrit chrétien s’était prétendument “suicidé” dans sa caserne. En fait, il avait été assassiné par un autre conscrit pour avoir refusé de se convertir à l’islam…

Daniel Hamiche