Égypte : interrogations et questions sur l’assassinat d’un prêtre au Caire

Le 12 octobre dernier, un prêtre était assassiné en plein jour dans une rue de la banlieue du Caire. Un homme, identifié comme l’auteur de l’acte, a été arrêté mais les autorités voudraient le faire passer pour un malade mental. On connaît la chanson qui est même devenue une rengaine en Occident… Sur les circonstances exactes de cet abominable assassinat on s’interroge et on pose des questions. À bon escient.

nternational Christian Concern (ICC) annonce que le Père higoumène Samaan Shehata, prêtre de l’église St. Julius Al-Akfehasi d’Al-Fashn [gouvernorat de Beni Souef] en Égypte, a été tué par un agresseur armé d’un couteau, alors qu’il retournait à une église suite à une visite pastorale à une famille.

Un second prêtre, le Père Beyman Moftan de l’église El-Malak de Minya a également été blessé.

Un suspect, qui a des antécédents de violences, a été placé en cellule par la police. Des enregistrements vidéo montrent que l’agresseur a poursuivi le Père Samaan, le frappant de son couteau à plusieurs reprises sous les yeux de spectateurs.

L’évêque copte Angaelos [Église copte orthodoxe au Royaume-Uni] a publié un communiqué dans lequel on peut lire :
« Cet incident nous fait de nouveau nous poser bien des questions. Pourquoi un prêtre ne pourrait-il pas déambuler paisiblement dans une rue, et tout particulièrement dans une rue d’une banlieue du Caire ? Pourquoi devrait-il être pris en chasse par un homme brandissant une arme mortelle, sans que personne ne vole à son secours ?
De fait, tous les présents se sont enfuis. Pourquoi, alors qu’il baignait dans son sang à terre, l’ambulance a-t-elle mis plus d’une heure avant d’arriver sur place et pourquoi son personnel à bord n’a procuré aucun soin ? Pourquoi, lorsque la police a fini par arriver alors qu’il gisait déjà mort, les lieux du crime n’ont-ils pas été sécurisés et les preuves médico-légales prélevées pour permettre une enquête solide et sérieuse ? »

Selon de nombreux témoins interrogés sur les lieux par Alaqbat, le Père Samaan aurait pu être sauvé malgré l’arrivée tardive de l’ambulance. Mais le personnel médical a refusé de lui prodiguer des soins avant l’arrivée de la police.

Le porte-parole de l’Église copte orthodoxe a partagé un post sur Facebook, dans lequel il déclare :
« Père Samaan, tu nous laisses dans la peine mais sois béni car tu as désormais la plus belle des couronnes. [Aux terroristes] Vous ne comprenez pas que le sang des martyrs, c’est l’arme de l’Église. [Aux autorités] Les actions terroristes récurrentes manifestent clairement que la manière dont ces choses sont traitées est très mauvaise…
Même le suivi des services de sécurité est profondément défectueux. La plupart de ces actes de terrorisme n’ont pas été poursuivis en justice et lorsque certains auteurs de ces actes sont arrêtés, on se demande pourquoi certains d’entre eux sont relâchés. »

Ce n’est là qu’un des derniers épisodes d’une série d’attaques contre la communauté copte en Égypte.

En février, les meurtres ciblés contre les chrétiens d’El-Arish et l’absence de protection policière ont obligé toute la communauté chrétienne à fuir.

Le mois dernier, une foule violente s’en est pris aux chrétiens du village de Tawa malgré la présence de la police locale.

ICC, 13 octobre – © CH pour la traduction.