En France, un déni constant de christianophobie

Si un lieu de culte ou le “carré” d’un cimetière juif ou musulman est vandalisé, les médias du système, la classe politique et les pouvoirs publics ne manqueront jamais de dénoncer la nature antijuive ou islamophobe de ces actes odieux. Mais qu’en est-il lorsque de semblables actes sont commis contre des chrétiens ? Quelques faits récents vont nous le préciser.
Vendredi 7 avril. Une ronde de police découvre que 15 tombes ont été vandalisées dans le cimetière municipal de Wizernes (Pas-de-Calais). Interrogé par La Voix du Nord, le commissaire de police de Saint-Omer déclare : « Nous avons regardé les noms des tombes qui ont été abîmées, il ne s’agit ni de personne[s] de confession juive ni de personne[s] musulmane[s]. » Évidemment, puisqu’il s’agissait de tombes de chrétiens. Pourquoi ne pas le dire ?
Mercredi 15 avril. 216 tombes chrétiennes, et seulement des tombes chrétiennes, sont vandalisées dans le cimetière Saint-Roch de Castres (Tarn). Le “carré” juif de ce cimetière n’est pas touché. Le maire Pascal Bugis (Divers Droite) ne s’y trompe pas et dénonce « un parti pris contre la symbolique chrétienne ». Mais, pour la Dépêche du Midi, ces profanations sont « sans connotation religieuse »…

Mardi 21 avril. Une dizaine d’anciennes tombes chrétiennes sont vandalisées dans le cimetière de Caudebec-lès-Elbeuf (Seine-Maritime). Les photos publiées dans la presse montrent que les vandales s’en sont particulièrement pris aux croix des sépultures. Mais, pour le maire Laurent Bonnaterre (PS), qui a porté plainte, il n’y a « aucune référence religieuse » dans ces profanations…

Dimanche 3 mai. On découvre, plusieurs jours après les faits, qu’une rafale d’arme automatique a été tirée contre l’église Saint-Thomas du “quartier sensible” Le Bourgogne de Tourcoing (Nord). La police relève 8 impacts de balles sur l’édifice. Le maire Gérald Darmanin (UMP) déclare que de tels faits seront impitoyablement punis « s’il s’agit d’une atteinte à un édifice religieux ». En l’occurrence, c’est une église qui a été mitraillée et pas une baraque à frites…

Il est vrai que l’exemple d’un tel déni de christianophobie vient de haut. On se souviendra du communiqué de la Présidence de la République du 15 février – à propos l’égorgement de 21 chrétiens coptes sur une plage de Libye par le pseudopode local de l’État Islamique – qui dénonçait l’assassinat de ces « ressortissants égyptiens », gommant le fait qu’ils avaient été égorgés, non parce qu’ils étaient Égyptiens mais parce qu’ils étaient chrétiens. Le 2 avril, la Présidence de la République récidivait à propos du massacre de masse de 147 étudiants chrétiens de l’université de Garissa (Kenya) par les islamistes d’Al-Shabaab. Il dénonçait « le terrorisme le plus abject […] celui qui s’attaque à la jeunesse », sans aucune allusion au fait que ces étudiants avaient été massacrés car chrétiens : aucun étudiant musulman de cette université ne fut tué par les islamistes.

Avant la diffusion de ce communiqué, j’avais pourtant, et le premier, dénoncé cette action terroriste, dans le blogue L’Observatoire de la Christianophobie, comme ayant ciblé les étudiants chrétiens. Mes confrères du Figaro (2 avril) et de La Croix (3 avril) ne firent pas davantage allusion au fait que tous les étudiants massacrés étaient des chrétiens…
Tous ces exemples récents démontrent à l’envie qu’il y a, dans notre pays, un déni de christianophobie aussi pertinace que scandaleux !

Daniel Hamiche