Érythrée : un autre enfer pour les chrétiens

L’Érythrée est dirigée par un ancien combattant de sa libération, Isaias Afewerki, et, depuis qu’elle est indépendante de l’Éthiopie, en 1993, elle n’a jamais connu d’élections et demeure sans constitution.

Aujourd’hui, à l’exception de la Syrie, c’est l’Érythrée qui produit le plus grand nombre de réfugiés dans le monde.

Selon le Haut commissariat pour les réfugiés des Nations Unis, chaque mois, entre 3 000 et 5 000 Érythréens passent la frontière de l’Éthiopie ou du Soudan.

Lorsque j’ai visité les camps de refugiés d’Éthiopie, en octobre dernier, on ma dit qu’environ 100 nouveaux réfugiés d’Érythrée arrivaient dans ces camps quotidiennement.

C’est la conséquence des mauvais traitements des Érythréens par ce gouvernement totalitaire.

Aucune critique du gouvernement n’est tolérée et les opposants politiques sont sévèrement punis.

Il est interdit [depuis 2012] au membres des Églises méthodiste, adventiste, évangélique et pentecôtiste de se réunir dans leurs propres bâtiments pour célébrer le culte, leurs responsables et leurs membres ont été individuellement ou par groupes arrêtés dans leurs maisons, dans la rue, à leurs bureaux, dans des salles de mariage, et ont été jetés en prison [Des chrétiens arrêtés cette année-là y sont toujours].

Plus tard, la persécution s’est étendue et a inclus les Églises enregistrées : l’Église orthodoxe et les luthériens sont surveillés de près et certains de leurs dirigeants ont été jetés en prison.

J’ai rencontré, en Éthiopie, un ancien prisonnier qui a passé quatre ans et six mois derrière les barreaux. Il avait été arrêté pour ses activités chrétiennes. Il m’a raconté que, dans l’une des pri¬sons où il avait été enfermé, il n’y avait pas suffisamment de nourriture et qu’il a maigri jusqu’à ne plus peser que 37 kg.

Le nom de cette prison est Me’etr, une prison loin de tout, située dans le nord-ouest de l’Érythrée. Il y fait chaud et sec la plupart du temps et cette zone désertique est balayée par des tempêtes de sable. Aucune visite n’est permise, il n’y a pas de ville proche et aucun moyen de transport. Les prisonniers sont soumis aux travaux forcés, à la famine et aux maladies. Cette prison a été principalement édifiée pour y recevoir des chrétiens. Il y a des détenus, dans cette prison, qui ont été arrêtés en janvier 2005 et qui, onze ans plus tard, y sont toujours.

Le nombre des nouvelles arrestations s’est notablement réduit en 2015, mais des centaines de prisonniers sont toujours incarcérés. Un certain nombre de prisonniers ont été libérés en 2015. Pour ceux qui ont été libérés après sept ou huit ans, il est très difficile de trouver un emploi et beaucoup luttent pour mener une vie normale.

Yukuno nous offre un exemple. Libéré en 2014, il souffre actuellement d’une dépression et ne cesse de faire des séjours à l’hôpital psychiatrique.
J’ai rencontré une dame dont le mari fut arrêté pour sa foi à Assab en 2000, et depuis quinze ans elle n’a aucune nouvelle de lui. Elle a un fils âgé de 17 ans et l’élève toute seule. Elle a également fait des séjours en prison pour sa foi.

Source : Church in Chains – CH pour la traduction.