États-Unis : Traitement asymétrique des abus sexuels sur des mineurs

C’est sous ce titre que Bill Donohue, président de la Catholic League, aborde l’inégalité de traitement par les médias et les tribunaux des cas
douloureux d’abus sexuels sur des mineurs aux États-Unis. Il ne s’agit pas, bien sûr, d’en exonérer les uns pour en charger exclusivement les autres ni
de préconiser une fausse symétrie du genre “tous pourris”. Mais on reste confondu du traitement inégal de ces cas toujours sous les projecteurs –
d’où le titre Spotlight du film qui sert de prétexte à l’analyse de Donohue quand il s’agit de crimes commis par des chrétiens, mais plongés dans
l’ombre, voire ignorés, lorsqu’ils sont le fait de non chrétiens…

Les médias font la promotion du film Spotlight qui [est sorti] sur les écrans le 6 novembre et qui met en scène l’équipe de journalistes du Boston Globe qui a révélé les abus sexuels commis par des prêtres de l’archidiocèse de Boston avant 2002. Mais dans ce type d’affaires on montre bien peu d’intérêt dès lors que des non catholiques sont impliqués dans de tels crimes. Comme le manifestent de récentes affaires, beaucoup de tribunaux dans tout le pays montrent également un traitement sélectif.

La première fois qu’il fut arrêté, le rabbin Gabriel Bodenheimer fut inculpé de trois crimes d’abus sexuels et d’un autre avec préméditation pour un abus sexuel oral et anal allégué sur un enfant de cinq ans. Il pouvait s’attendre à vingt-cinq ans de prison. Lundi 2 novembre, on lui a appris qu’il ne passerait pas un seul jour en prison. Il a été placé en liberté surveillée pour trois ans. Non seulement cette affaire a été ignorée de tous les grands organes de presse, mais elle l’a été aussi du New York Times alors que ce viol d’enfant s’est passé dans une banlieue de New York.

En mai 2014, Michael Travis, entraîneur adjoint de softball dans un lycée du Nebraska a été arrêté pour agressions sexuelles sur deux joueurs de softball. En décembre, deux autres victimes alléguées se sont fait connaître. En août dernier, il a arrangé un accord avec le procureur : plaider coupable d’agressions mineures de telle sorte qu’il ne soit pas inscrit comme délinquant sexuel et ne passe pas un seul jour en prison. Cette affaire a reçu très peu de couverture médiatique.

En juin dernier, Terrence Boone Johnson, entraîneur d’athlétisme dans l’Utah, a été arrêté pour attentat sexuel commis de force sur une adolescente, ce qui constitue un crime au second degré. Voici quelques semaines, sa condamnation à un an de prison a été levée et il a été placé en li¬berté surveillée. Les médias, en général, n’ont montré aucun intérêt pour cette affaire.

Voici quelques semaines, des plaintes ont été déposées auprès de la Cour suprême de Manhattan sur l’allégation qu’un instituteur d’une école publique de la partie ouest de Harlem, avait agressé sexuellement pas moins de six élèves. L’administration de l’école n’a tenu aucun compte de ces allégations. Le jugement de Adiyemi Prowell devrait être rendu le mois prochain, mais les parents ont déclaré que les procureurs leur avaient dit qu’il fallait s’attendre à ce qu’il soit placé en liberté surveillée. Le New York Times n’a rien dit de cette affaire alors même qu’elle est locale.
Si l’un quelconque de ces accusés avait été un prêtre, les médias comme les tribunaux auraient agi tout différemment. Indiscutable.

Source : Catholic League – CH pour la traduction.