Genève : la persécution des chrétiens pakistanais exposée aux Nations Unies

Rien de ce qui permet d’alerter les fonctionnaires onusiens chargés des droits de l’homme, ne doit être négligé. Ce qui vient de se dérouler à Genève, en marge de la 37ème session (27 février-23 mars) du Conseil des droits de l’homme, méritait d’être signalé comme le rapporte, paradoxalement, le quotidien indien The Siasat Daily, pourtant dirigé par un musulman…

Un court métrage décrivant la persécution de la minorité chrétienne au Pakistan a été projeté lors de la 37ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève. […] Une projection spéciale, en dehors des bureaux des Nations Unies […], a permis de souligner la situation critique de la minorité chrétienne au Pakistan […] qui continue à être la victime du fondamentalisme musulman et des atrocités de l’État.
Les chrétiens, qui ne comptent que pour 2 à 3 % de la population du Pakistan, continuent à être persécutés en raison de l’infâme législation sur le blasphème.
Les lois sur le blasphème au Pakistan remontent à la dictature militaire du général Muhammad Zia-ul-Haq. À partir de 1980, toute remarque désobligeante à l’encontre d’un musulman fut considérée comme un crime selon la section 295 du Code pénal et punissable de trois années d’emprisonnement.
En 1982, une nouvelle clause fut ajoutée qui punissait de détention à perpétuité toute profanation volontaire du Coran et, en 1986, une clause supplémentaire punissait de la peine de mort ou de la détention à perpétuité tout blasphème contre le prophète Mahomet.
Parmi les nombreux cas de blasphèmes les plus célèbres, figure celui d’Asia Bibi, une femme chrétienne jugée coupable de blasphème […] et condamnée à mort [en 2009]. Sa condamnation a mort a été confirmée en appel en 2014 et elle croupit toujours en prison.
Les fondamentalistes musulmans poursuivent leur pression sur le gouvernement pakistanais, afin qu’il n’amende pas la loi sur le blasphème.
On estime que cette loi est deve­nue une force de corrosion de la société pakistanaise, alimentant l’extrémisme, impliquant le système judiciaire dans le radica­lisme et, finalement, sapant l’État de droit.

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The Siasat Daily, 14 mars – CH pour la traduction.