Guillaume de Thieulloy chez Éric Brunet sur RMC

L’émission d’Éric Brunet sur RMC, présentée le jour de Noël par Pascal Perri, était entièrement consacrée à marteler que « la France est certes un pays laïc, mais qu’elle doit réaffirmer ses racines chrétiennes – surtout en ce jour de Noël ».

Cette affirmation a été ratifiée par 87 % de ses auditeurs !

La chasse aux crèches et aux croix ou leur maintien en France repose sur un distinguo particulièrement fragile. Si c’est culturel, on maintient ; si c’est cultuel, on supprime.

Guillaume de Thieulloy rappelle :
« Quand on dit racines chrétiennes, cela suppose évidemment que les racines sont faites pour porter des fruits. Or, les racines sont naturellement cultuelles et les fruits sont culturels. C’est parce qu’un certain nombre de personnes ont eu une foi fervente au XIIIe siècle qu’on a des cathédrales. C’est grâce à des théologiens et des canonistes fervents, que nous avons un droit. Comme vous le savez, le droit français est très largement dépendant du droit canon et de la réinterprétation chrétienne du droit romain. Ainsi une bonne partie de notre édifice juridique, de notre édifice culturel et de notre édifice historique vient du christianisme – pas de lui seulement mais de lui aussi.
Par conséquent, de fait, personnellement, cette distinction entre culturel et cultuel me paraît extrêmement difficile à mettre en œuvre dans certaines décisions, comme celle d’accepter ou non des crèches dans l’espace public. »

À la question de Pascal Perri qui l’interrogeait sur les risques d’un combat trop “radical” pour défendre les racines chrétiennes, Guillaume de Thieulloy a répondu :
« Il me semble assez logique d’être “radical”, si on défend des racines : c’est le même mot !
Je ne sais donc pas très bien ce que veut dire radical dans ce contexte.
Je ne crois pas être spécialement radical; je dis simplement que j’ai envie de rester chrétien en France. Je n’ai pas envie de m’exiler pour continuer à vivre ma foi, ce qui est une chose qui arrive, y compris dans l’histoire récente, comme en témoignent les chrétiens d’Orient.
Mais, si on regarde plus loin dans le passé, je rappelle qu’au IVe siècle, il y avait beaucoup plus de chrétiens et une culture chrétienne beaucoup plus vive en Afrique du Nord qu’en Occident. Pourtant, il n’en reste quasiment plus rien. »

RMC, 25 décembre.