Inde : les agressions antichrétiennes relèvent de la tactique des nazis !

Une foule de plus de 1 500 chrétiens a convergé, lundi 9 février dernier, sur la grande pelouse d’Azad Maidan à Mumbai (Bombay), pour un « rassemblement de solidarité » avec les chrétiens persécutés et de protestation contre les récentes profanations d’églises, notamment à Delhi, la capitale de l’Inde, où cinq églises ont été attaquées en à peine deux mois. Le rassemblement avait été convoqué par The Bombay Catho­lic Sabha et l’Indian Christian Voice.

Au cours de ce rassemblement, et s’exprimant au nom de l’archidiocèse catholique de Mumbai, Mgr Agnelo Gracias, évêque auxiliaire, a prononcé une allocution dénuée de toute ambiguïté et révélatrice du sentiment général et de la préoccupation de l’épiscopat catholique.

Cette préoccupation s’est manifestés à l’occasion de la 27e assemblée plénière de la Conférence épiscopale (3-9 février), mar­quée par une procession sans précédent des 140 successeurs indiens des Apôtres dans les rues de Bangalore, pro­testant contre les persécutions antichrétiennes…

Voici quelques extraits de l’allocution de l’évêque.

« À première vue, de telles agressions ressemblent à une campagne contre une petite mino­rité pacifique dont on ne peut pas soutenir qu’elle constitue la moindre menace pour quiconque. Sont-ce là des incidents isolés ou font-ils partie d’un plan systématique ? Aujourd’hui, c’est une agression contre des chrétiens, une cible facile, mais en restera-t-on là ? Ou est-ce que cela ne se dirigera pas vers d’autres cibles ? Les nazis ont appliqué la même tactique : une agression isolée qui est suivie par une autre agression. Nous allons voir bientôt de quoi il retourne chez nous. Il y a une tentative de faire de l’Inde un ensemble homogène, la patrie d’une unique religion. »

Après avoir signalé des exemples d’églises vandalisées, de cultes brutalement interrompus, de visas refusés à des évêques, Mgr Gracias s’interroge sur le silence assourdissant « du parti qui a été porté au pouvoir » (le Bharatiya Janata Party du Premier ministre, Narendra Modi) sur le déve­lop­pement des persécutions antichrétiennes.

« Ce silence du gouvernement est-il fortuit ou délibéré ? Ce silence ne serait-il pas une stratégie ou un silence calculé, indicatif d’une approbation de ce qui se passe ? Si des gens poursuivent leurs agressions en toute impunité, c’est parce que le gouvernement se tait. »

L’évêque pose de bonnes questions et exprime de bonnes réponses. La situation des chrétiens en Inde est vraiment préoccupante…

Daniel Hamiche