Irak : les Assyriens entre le marteau turc et l’enclume kurde

La Confédération assyrienne en Europe a diffusé une déclaration protestant contre le bombardement par l’aviation turque du village assyrien de Sharanish.

Au matin du dimanche 17 janvier, le bombardement des forces aériennes turques a contraint 80 familles assyriennes à fuir le village de Sharanish [dans le gouvernorat de] Nohadra (Dahûk), au nord-est de l’Irak [à proximité de la frontière avec la Turquie].

Cette dernière attaque fait partie d’une campagne de bombardements, qui ne cesse de s’intensifier depuis fin août 2015, lancée par la République de Turquie contre des militants du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan] qui se cachent souvent dans ou autour des villages assyriens du Nohadra. […]

La Confédération assyrienne en Europe est affligée et scandalisée que d’innocents Assyriens paient de nouveau l’addition des rivalités régionales meurtrières et des rivalités entre factions kurdes dans lesquelles les Assyriens n’ont rien à voir.

Nous en appelons à la République de Turquie pour qu’elle cesse ses bombardements sur le territoire assyrien de Nohadra […].

Nous en appelons aussi aux militants du PKK pour qu’ils cessent leur occupation du territoire assyrien et de contraindre les Assyriens à accepter d’eux soutien et protection, ce qui a pour effet de forcer les Assyriens à payer la note du projet politique du PKK […].

Dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui, les frontières se sont révélées être totalement poreuses quand les intérêts politiques et impérialistes se manifestent entre leurs deux côtés. Les bombardements turcs de Nohadra ont, une fois de plus, mis en lumière l’illusion de la souveraineté de l’Irak et […] du Kurdistan. Les Assyriens ne sont pas un simple appoint dans les luttes de pouvoir des Kurdes et des Turcs. Leur souffrance n’est pas un sous-produit de ces péripéties. Ils constituent le peuple autochtone d’une Assyrie occupée. De nos jours, ce pays est soumis aux jeux pervers de la compétition politique et militaire, sans que les Assyriens aient leur mot à dire sur son avenir. Ces événements n’ont rendu que plus évidente encore la nécessité d’un soutien international si l’on veut que les Assyriens survivent sur leurs terres ancestrales.

Source : AINA – CH pour la traduction.