Irak : vers une disparition totale des chrétiens ?

Ce ne sont pas des supputations de journalistes en mal de sensationnel, mais la réalité crue et tragique que décrivent ceux qui sont sur place : les chrétiens pourraient bien disparaître totalement d’Irak. Et plus rapidement qu’on l’imagine. C’est un responsable de l’archidiocèse chaldéen d’Erbil qui a sonné l’alerte devant le Parlement britannique…

vec les dernières estimations suggérant que la population chrétienne d’Irak ne soit plus que de 150 000 individus – alors qu’elle s’élevait à 1,5 million en mars 2003 –, M. Stephen Rasche, avocat et coordinateur du programme d’aide [pour les réfugiés] de l’archidiocèse chaldéen d’Erbil [Kurdistan irakien], a déclaré à une réunion de la Chambre des Lords du Parlement britannique, le jeudi 23 mars, que la disparition de la communauté dont il a la charge constituerait un coup fatal à la survie d’une des plus anciennes Églises du monde qui remonte au IIe siècle, voire plus tôt encore.

M. Rasche a loué l’organisation humanitaire Aide à l’Église en détresse qui, selon les chiffres officiels de l’archidiocèse d’Erbil, a contribué à hauteur de 46 % de toute l’aide accordée aux chrétiens déplacés […] Il a insisté sur le fait que toute l’aide reçue provient d’organisations humanitaires chrétiennes, mais que les 120 000 familles dont s’occupe l’archidiocèse n’ont reçu aucune aide des Nations unies. « Pour ce qui est de trouver un avenir pour les chrétiens déplacés, nous le cherchons encore, mais nous manquons de temps. En vérité, nous jouons les prolongations. La possibilité de voir disparaître les chrétiens d’Irak est sérieuse.

Sans une injection immédiate d’aide, les programmes qui ont soutenu les chrétiens déplacés pourraient s’effondrer d’ici à soixante jours, après quoi les chrétiens disparaîtraient de la région d’ici à six ou huit mois. En ce moment même, l’avenir est en jeu : soit nous entrons dans un temps de reconstruction, soit nous écrivons le dernier chapitre. Aujourd’hui, nous conservons de l’espoir pour l’avenir. L’année passée, nous avons consacré de nouvelles églises à Erbil, ordonné de nouveaux prêtres et inauguré une université – l’Université catholique d’Erbil. Ce sont des signes manifestement positifs qui, nous l’espérons, s’orientent vers un recommencement plutôt que vers une fin tragique mais, néanmoins, nous devons voir la réalité en face : la situation des chrétiens est très critique ».

Aid to the Church in Need, 23 mars – © CH pour la traduction.