Irak : le Carême de l’archevêque et des Chaldéens d’Erbil

Espérer contre toute espérance… Ce pourrait être la devise épiscopale de Mgr Warda. Ce pourrait être aussi celle des Chaldéens du Kurdistan irakien pour leurs frères réfugiés. C’est, en tout cas, leur engagement de Carême.

Ce Carême sera, pour les chrétiens vivant à Erbil, dans le Kurdistian Irakien, un temps de « miséricorde » et « d’œuvres charitables de soutien aux familles chrétiennes » déplacées de Mossoul et de la plaine de Ninive depuis dix-huit mois, suite à l’invasion de l’État Islamique (IS). C’est ce que Mgr Bashar Warda, archevêque chaldéen d’Erbil, a confié à Asia News, rappelant que le Carême « a commencé le 31 janvier, conformément au calendrier chaldéen ».

Pour l’occasion, poursuit le prélat, « nos sept paroisses ouvrent leurs portes du matin au soir pour faciliter les prières de nos fidèles et l’assistance aux messes. Dans toutes les églises il y a un prêtre pour recevoir les confessions. Et pendant tout le Carême, une Messe est célébrée le matin à 11 heures et une autre à 16 h 30 […] Nos jeunes ont préparé un programme pastoral spécial pour vivre l’Évangile en solidarité avec les déplacés ».

Aujourd’hui, dix-huit mois plus tard, on compte encore 2 000 familles qui vivent sous la tente, qui campent dans des abris tout autour d’Ankawa […] « [Leurs conditions de vie] sont de plus en plus difficiles, alors que les besoins en eau, en électricité, en produits de première nécessité, croissent ».
C’est dans ce contexte difficile, que l’Université catholique d’Erbil, avec l’aide des Chevaliers de Colomb des États-Unis, a lancé des « programmes d’animation spirituelle pour les déplacés » auxquels assistent 230 personnes qui bénéficient de cours « chaque vendredi pendant quatre heures ».

De même, avec l’aide du diocèse chaldéen Saint-Thomas de Détroit [Michigan] et des Œuvres pontificales missionnaires [Missio], « nous avons ouvert une nouvelle école pour les déplacés, et rien que pour cette année 350 filles ont pu commencer leur scolarité ».

Le but du prélat et de tout le diocèse, « c’est de garantir une vie digne » pour les personnes déplacées, en leur fournissant un abri, de la nourriture, l’éducation et les soins médicaux […] et de construire le futur de l’Irak et de toute la région » grâce à écoles, aux hôpitaux, aux universités. Cela aidera les familles « à rester à Erbil, à proximité de leurs villages, de Mossoul et de [la plaine de] Ninive », malgré le fait que jusqu’à présent « au moins 5 000 familles ont quitté l’Irak » […]

La présence de l’État Islamique continue « à menacer la stabilité de la région », conclut Mgr Warda, mais, malgré cela, « Nous continuons à travailler dans le même but et le même engagement : aider les chrétiens irakiens à mener une vie digne, à rester en Irak où ils ont une mission à accomplir ».

Source : Asia News, 15 février – CH pour la traduction