Irak : le référendum kurde met en danger les chrétiens

Le référendum sur l’indépendance du Kurdistan s’est déroulé le 25 septembre dernier, malgré les pressions du gouvernement de Bagdad et de la communauté internationale. Ce fut objectivement un succès pour ses organisateurs avec un taux de participation de 72 % des inscrits et une victoire du “oui” à près de 93 %. Si les autorités du gou­vernement régional du Kurdistan s’efforcent de tempérer cette victoire en affirmant qu’elle ne vaut que pour de futures négociations espérées avec Bagdad, il n’empêche que la crise est ouverte. Et une fois de plus, ce sont les chrétiens qui pourraient en pâtir…

La crise déclenchée par le référendum kurde pour l’indépendance, qui s’est déroulé voici plusieurs jours, pourrait mettre en danger la présence des chrétiens dans le nord de l’Irak, selon la mise en garde de responsables des Églises catholique et orthodoxes qui appellent aussi à l’intervention de la communauté internationale.

Le référendum pour l’indépendance, qui s’est récemment tenu, pourrait conduire le gouvernement régional kurde à faire sécession […] Au vu de cette possibilité, cinq hauts responsables catholiques et orthodoxes ont publié un communiqué demandant à la communauté internationale d’aider au maintien de la présence des chrétiens dans la plaine de Ninive […]

Les signataires de cette déclaration sont l’archevêque chaldéen d’Erbil, Bashar Warda, l’évêque chaldéen de Zakho et d’Amadiya, Rabban al-Qas, de l’archevêque syriaque orthodoxe de Mossoul, Nicodemus Sharif, de l’archevêque Apris Jousen, et de l’archevêque syriaque orthodoxe de l’archevêque du monastère de Mor Mattai, Timotheos Mousa.

« Nous ne pouvons pas dissimuler notre préoccupation sur la situation des chrétiens qui est devenue plus difficile et incertaine […].

C’est un fait évident que cette situation a créé chez les chrétiens de la peur et de l’inquiétude à la perspective que ce combat pourrait évoluer vers une crise susceptible de répercussions à fort impact pour tous. »

Au vu de ces craintes, les cinq prélats ont déclaré qu’il faudrait prendre de très grandes précautions pour que la plaine de Ninive ne puisse pas être déchirée entre l’Irak et le Kurdistan.

Ils insistent sur les souffrances qu’a déjà endurées la communauté lors des conflits politiques et sectaires qui se poursuivent et disent qu’une nouvelle période d’instabilités pourrait conduite à une nouvelle vague d’émigration massive […].

Depuis la libération de la plaine de Ninive de l’emprise de l’État Islamique en Irak et au Levant, beaucoup des quelque 100 000 chrétiens déplacés ont tenté de rentrer chez eux.

Aid to the Church in Need [Aide à l’Église en détresse] a lancé un projet baptisé Projet de reconstruction de la plaine de Ninive qui a permis jusqu’à présent, à 17 % de la communauté chrétienne de rentrer sur sa terre d’origine.

Assyrian International News Agency, 8 octobre – © CH pour la traduction.