Iran : interrogations sur du matériel chrétien confisqué

Le but de cette confiscation est sans doute dissuasif, mais il est gros de menace. Et le fait qu’elle ait été faite par les Gardiens de la Révolution, plutôt troublant comme le souligne World Watch Monitor.

Des photos diffusées par les Gardiens de la Révolution montrant de grande quantité de matériel chrétien confisqué, constituent un « coup publicitaire » qui reflète la peur du christianisme qu’éprouve le régime iranien, selon l’avocat Mansour Borji.

Borji, du groupe de défense Article 18, a confié à World Watch Monitor que les photos, diffusée à l’origine en juillet dernier, avaient une fonction dissuasive pour empêcher les chrétiens de se réunir pendant les mois d’été, et démontraient le « mépris » du régime pour la liberté religieuse quoi qu’il prétende le contraire.

Il qualifie le communiqué de presse diffusé par les Gardiens de la Révolution « d’intentionnellement ambigu », puisqu’il ne donne « aucune précision sur la date de cette saisie, sur ceux qui ont été arrêtés et sur les suites attendues ».

Selon Mohabat News, la saisie a suivi l’arrestation de plusieurs chrétiens dans la capitale Téhéran, et dans les villes voisines de Rey et Pardis.

Mais aucun autre détail n’a été donné et Borji pense qu’il est tout à fait possible que le matériel ait été saisi lors de descentes de police antérieures.

« Un point important dans cette affaire, c’est que son annonce a été faite, non pas par l’autorité judiciaire ou le ministère du Renseignement, mais par les Gardiens de la Révolution, une organisation militaire responsable du maintien de la sécurité de l’État », précise Borji. « Je pense que la question la plus importante consiste à savoir pourquoi cette organisation militaire semble désormais être chargée de la répression des églises à la maison, et pourquoi elle sonne de la trompette pour l’arrestation de chrétiens et la saisie de leur matériel religieux ? »

« Pourquoi un gouvernement solide et stable serait-il si troublé par des recueils du Nouveau Testament et des livres sur l’apostolat chrétien ? Comment peut-il prétendre avoir du respect pour les minorités religieuses et faire étalage de littérature chrétienne comme preuve d’activité criminelle ? »

Borji suggère aussi que les autorités iraniennes souhaiteraient probablement brûler ce matériel saisi, en citant un cas semblable survenu voici deux ans quand des cartons saisis contenant des bibles, furent déclarés avoir été « détruits », les autorités utilisant un mot qui, en farsi, précise Borji, ne peut que signifier qu’ils furent brûlés.

« Cela montre leur mépris pour les livres sacrés des chrétiens », dit-il.

« Quand les nazis se mirent à brûler des livres, le poète allemand Henrich Heine écrivit : “Où l’on brûle des livres, on finit aussi par brûler des hommes”. Cette rhétorique et cette attitude antichrétiennes mèneront à de nouvelles violences. »


World Watch Monitor, 27 septembre – CH pour la traduction.