Karim Ouchikh : « le culte catholique est victime d’un mépris latent de la part de nos élites. »

Un entretien publié dans Christianophobie-Hebdo n° 1 

 

Karim Ouchickh est président du SIEL (Souveraineté, Indépendance et Liberté). 

1° Le SIEL est l’un des seuls partis politiques à avoir condamné l’action des Femen à Stras- bourg. Dans votre communiqué, vous n’hésitez pas à parler de « profanation », terme qui n’existe pas dans le droit français. Faut-il avancer de nouvelles mesures pour protéger enfin les églises de ce genre d’action ?

Voici une semaine, une militante du mouvement radical Femen s’est rendue coupable d’actes répréhensibles commis au préjudice d’un lieu de culte catholique. Ce faisant, elle a incontestablement perpétré un acte de profanation. Indépendamment des mesures de sécurisation qu’il appartient aux pouvoirs publics de mettre en œuvre pour garantir la protection de nos églises, il importe de prendre la mesure de la gravité des actes attentatoires au christianisme, qui se multiplient partout sur le territoire français : cette prise de conscience collective est le meilleur rempart contre la christianophobie rampante.

2° Pensez-vous que le catholicisme est considéré, juridiquement et médiatiquement, comme une religion de second rang ?

Formellement, le catholicisme est un culte respecté par les pouvoirs publics à l’égal des autres confessions pratiquées sur notre terri- toire. Mais je ne peux m’empêcher de remarquer que le culte catholique est victime d’un mépris latent de la part de nos élites.


3° Vous affirmez que « le catholicisme doit bénéficier d’une prééminence culturelle ». Qu’entendez-vous par là ?

À force de restreindre la compréhension du concept de laïcité sous le seul angle de la stricte égalité des religions, nous en som- mes venus à ignorer la dimension chrétienne de notre civilisation, qui fut prépondérante dans la construction de notre modèle de société. En raison de cette forte pression laïciste – qui se combine avec une pratique du catholicisme en France globalement en baisse –, nous assistons depuis bien des décennies à la disparition progressive des marqueurs et des références chrétiennes dans le débat public. Je crois donc essentiel de replacer la composante catholique de notre héritage au centre du débat public – sans remettre en cause naturellement le caractère laïc de nos institutions.


Quelles mesures prendre contre les groupuscule des Femen ?

Les forces de l’ordre et la justice répriment à juste titre les atteintes commises contre les lieux de culte juifs ou musulmans. Je réclame la même fermeté lorsque des infractions sont perpétrées contre les lieux de culte chrétiens. En raison de ses actions radicales qui ciblent pour l’essentiel les institutions catholiques, le mouvement Femen doit donc faire l’objet en France d’une rigueur accrue de la part de nos institutions judiciaires et l’État doit cesser de subventionner ce groupuscule déviant.