La France a des devoirs à l’égard des chrétiens d’Orient !

Le 23 mai, vous avez déposé une proposition de résolution portant création d’une commission d’enquête sur la participation de fonds français au financement de Daech. Pouvez-vous nous donner les éléments qui fondent vos soupçons ?
L’association Nouveaux Martyrs a sollicité l’ensemble des parlementaires, suite aux déclarations de Mme Jana Hybaskova, ambassadrice de l’Union européenne en Irak : celle-ci a en effet déclaré devant les députés de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen que le financement de Daech s’effectuait en partie grâce à l’achat par des États membres de l’Union européenne du pétrole accaparé par l’organisation terroriste. Il est de notoriété publique que Daech a pu constituer ces derniers temps un capital important, grâce au pétrole vendu à hauteur – semble-t-il – de plusieurs millions de dollars par jour. C’est la raison pour laquelle une commission d’enquête doit se réunir d’urgence, afin de s’assurer que pas une goutte de pétrole terroriste n’est achetée par des sociétés françaises. Ce serait purement et simplement insupportable. C’est le rôle propre du Parlement que de solliciter des clarifications de cette nature.

S’il s’avère qu’il y a une connivence, ou du moins une interaction entre les pays européens et Daech, quelles mesures prendre ?
Des mesures fortes et immédiates : dénoncer les sociétés qui financeraient le terrorisme par l’achat de pétrole et exiger d’elles qu’elles cessent immédiatement tout contrat avec Daech. Nous pourrions les obliger à verser des dommages et intérêts à l’État et leur appliquer des sanctions économiques, et éventuellement pénales en cas de récidive, ou davantage encore. Nous devrions aussi dresser une liste noire de ces organisations accessible à tous les citoyens et sanctionner les sociétés qui passeraient un accord commercial avec elles. Nous avons le devoir de sanctionner de tels actes qui relèvent purement et simplement de la collaboration criminelle avec l’ennemi.

Vous faites référence au traité de 1250 qui place les chrétiens d’Orient sous la protection de la France. La France peut-elle, et veut-elle encore honorer ce pacte ?
Non seulement, la France peut honorer ce pacte, mais elle le doit ! Du reste, aucun document n’est venu en contredire le contenu ni l’orientation. Mais l’Occident a perdu beaucoup de temps et fait beaucoup de mal en n’aidant pas les chrétiens d’Orient ces dernières années. Aujourd’hui, la communauté internationale doit assumer les conséquences de ses actes. La barbarie islamiste à laquelle nous sommes confrontés nous confère des responsabilités extrêmement claires et que nous avons tardé à prendre en considération.
La France, pays des droits de l’homme, ne peut se dérober face à ses responsabilités. De plus, les ramifications de la situation au Moyen-Orient ont un impact important sur la France et nos voisins européens.

Le danger islamiste déborde le territoire dans lequel il est aujourd’hui : nous devons agir, car c’est la paix du monde qui est en jeu. Il faut prendre clairement le parti de combattre Daech partout où il est, sinon nous en paierons également les conséquences en France.
D’ailleurs, les flux d’immigrés qui nous arrivent des pays du Moyen-Orient nous rappellent que nous ne pouvons demeurer sourds et aveugles face aux persécutions dont ces peuples sont victimes.