Laïcité à géométrie variable et identité « heureuse »

“L’Identité heureuse”, c’est la contribution d’un dinosaure politique comme Alain Juppé au débat sur l’identité nationale qui est constamment sous-jacent au débat public.

Juppé n’est pas qu’un ermite politique de la Gironde ; ses “idées” influencent un large spectre de professionnels de la politique et des médias, de la gauche au centre qu’il représente.

Une « identité heureuse », c’est une identité, une Histoire et une tradition qui se modulent en fonction des circonstances et, surtout, des électorats.

Alain Juppé propose d’abandonner, purement et simplement, l’idée qu’un bon étranger intégré est celui qui fait table rase de son passé. Il est impossible d’assimiler, c’est-à-dire « effacer les origines, nier toute différence », mais il faut intégrer.

Le lien des immigrés à leur culture d’origine est « source d’une diversité qui enrichit notre patrimoine ».

Mise en relation avec la fronde républicaine et maçonnique contre les crèches de Noël dans les lieux publics, cette « identité heureuse » s’éclaire d’un jour nouveau : il s’agit de manipuler l’identité, la tradition et l’histoire, afin d’assimiler la France aux mœurs, coutumes et indignations des populations immigrées.

Si les crèches imposent une image chrétienne de la France, elles exercent une violence envers les populations qui ne sont pas chrétiennes, en les “crispant” et en empêchant leur intégration.

En revanche, dans le même mouvement d’“identité heureuse”, il faut faciliter l’intégration des musulmans, par exemple, en organisant des « soirées ramadan » dans ces mêmes lieux publics.

La laïcité est donc utilisée pour nier les racines chrétiennes de la France, mais non pour lutter contre son islamisation.

Le retournement est spectaculaire : ce n’est pas aux étrangers de s’assimiler à la France, c’est à la France de s’assimiler à eux.
Spectaculaire, certes, mais pas très heureux…

Vivien Hoch
vhoch@christianophobie.fr