L’émigration chrétienne, souffrance de ceux qui restent

Lorsque l’on passe du temps avec les chrétiens orientaux qui ont choisi de rester chez eux, notamment en Syrie actuellement, ils regrettent souvent que nous ne les écoutions pas, ou pas jusqu’au bout.

Ces chrétiens ne veulent pas fuir. Si certains le font, c’est contraints par une guerre injuste menée contre leur pays qu’ils aiment et qu’aucun ne pensait à fuir avant 2011.

Ils le quittent, parce qu’ils ont peur, parce que les Occidentaux ont bien souvent, par leur comportement et les politiques menées, réussi à leur faire croire qu’ils étaient à part dans leur propre pays.

« Nous sommes le levain dans la pâte, et aujourd’hui nous sommes au pied de la Croix, mais notre mission est ici », commentait un évêque syrien quelques jours après Noël.

Il venait de critiquer vertement la récente politique d’émigration mise en place par le Canada. Ce dernier a choisi de mettre des avions à disposition des Syriens particulièrement chrétiens et de leur promettre un avenir radieux loin de leur terre.

« Ce faisant, ils participent eux aussi à vider le Proche-Orient de sa présence chrétienne absolument nécessaire pour le maintien ou le retour de la paix », insistait cet évêque.

Sans chrétien, sans le message éminemment miséricordieux du Christ, la paix est impossible.

La présence de chrétiens auprès de toutes les communautés orientales ils sont les seuls à pouvoir réellement vivre avec tout le monde en est une preuve criante.

Ils ne veulent pas de nos visas, ils veulent qu’enfin on les écoute : s’ils craignent l’antichristianisme islamiste, ils dénoncent bien plus encore les politiques de facto antichrétiennes de ceux qui les poussent à fuir, ou qui ne font rien pour qu’ils restent enracinés dans le berceau du christianisme.
« Dites la vérité sur la Syrie, rapportez ce que vous racontent les Syriens, hurlez à vos gouvernements que les Syriens, et tout particulièrement les chrétiens, veulent rester chez eux. Le seul moyen de nous aider, c’est de favoriser la paix », commentait également un jeune prêtre aleppin dont le témoignage est rapporté en page 4.

Tous regrettent amèrement que les pays occidentaux et historiquement chrétiens aient tenu l’épée qui les tuent dans une main pendant 5 ans, avant de tendre un visa de l’autre.

Ceux qui ont choisi de rester évoquent souvent l’émigration chrétienne comme leur plus grande souffrance et demandent simplement à ce qu’on les laisse en paix, chez eux…

Faustine des Lys
fdeslys@christianophobie.fr