Les États-Unis et la reconnaissance du génocide des chrétiens d’Orient

Deux ONG des États-Unis, In Defense of Christians et les Chevaliers de Colomb, viennent d’apporter une contribution d’importance susceptible d’emporter les dernières résistances du gouvernement états-unien à reconnaître, avec toutes les conséquences pratiques que cela implique, que ce que subissent les chrétiens d’Orient doit être considéré et désigné comme un génocide. Providentiellement, la diffusion de cette contribution a précédé de quelques jours seulement une résolution historique de la Chambre des représentants du Congrès voir notre éditorial en p. 1). Voici la traduction d’extraits significatifs du communiqué diffusé par les deux ONG.

In Defense of Christians [IDC] et les Chevaliers de Colomb [Knights of Columbus, KofC] ont rendu public ce matin [10 mars] un rapport complet relatant le génocide des chrétiens dans les territoires contrôlés par l’État islamique (EIIL) et ses alliés.

Le rapport de près de 300 pages, Genocide against Christians in the Middle East [génocide contre les chrétiens au Moyen-Orient], a été produit pour répondre à une demande du département d’État [ministère des Affaires étrangères] d’obtenir des preuves spécifiques en relation avec les crimes commis contre les chrétiens par l’EIIL.

Transmis hier au secrétaire d’État John Kerry, le rapport a été rédigé à partir des preuves apportées par les découvertes d’une récente mission d’enquête qui s’est rendue en Irak et qui a rassemblé des preuves sur les meurtres, blessures, asservissements et déplacements qu’ont subi les chrétiens aux mains de l’EIIL.

L’annonce de la parution du rapport a été faite lors d’une conférence de presse […].

Avant cette conférence, Toufic Baaklini, président d’IDC, avait déclaré : « On ne peut pas attendre plus longtemps que les États-Unis dénoncent un génocide. Les atrocités qui ont commencé voici près de deux ans sont largement connues du monde entier, mais les États-Unis demeurent silencieux […]. À ce jour, près de 65 000 Américains […] ont signé la pétition Stop the Christian Genocide [halte au génocide chrétien] lancé par IDC et les Chevaliers de Colomb. […] Il est temps pour les États-Unis de rejoindre le monde entier en dénonçant le génocide et en prenant les mesures qui s’imposent comme le droit le requiert. » […]

Les personnes présidant [la conférence de presse] ont exhorté le Président Obama et le ministre Kerry à qualifier officiellement de génocide les crimes commis par l’EIIL contre les chrétiens. Jusqu’à présent, le gouvernement et le ministère des Affaires étrangères ont été rétifs à le faire a déclaré Nina Shea, directrice du Centre pour la liberté religieuse du Hudson Institute. « Des responsables du département d’État semblent croire que les chrétiens sont res-pectés sur le territoire de l’EIIL, comme peuple “du livre”. » […]

Comme le démontre le rapport, l’EIIL adhère à une interprétation fondamentaliste de l’islam et il estime que les chrétiens ne sont pas qualifiés pour bénéficier de la protection historique offerte par la législation musulmane. L’idée que les chrétiens aient la possibilité de payer la djîzia n’est que de la propagande de l’EIIL. Les chrétiens ne peuvent pas payer un tel impôt quand tout ce qu’ils possédaient a été pris par l’EIIL ou parce que son prix est exorbitant, allant parfois jusqu’à inclure les propres enfants [des chrétiens], comme l’a indiqué Johnnie Moore auteur de Defying ISIS (défier l’EIIL). C’est utilisé par l’EIIL comme permission de violer, d’asservir et de piller.

Shea a encore déclaré : « Des collaborateurs du département d’État ont contacté notre organisation et nous ont demandé un compromis sur les mots, nous interrogeant s’il serait possible de qualifier les actes de l’EIIL de nettoyage ethnique ou de crimes contre l’humanité, plutôt que de génocide. »

Les personnes présidant [la conférence de presse] ont dénoncé un tel jeu sur les mots et ils ont réitéré avec vigueur que ce qui se passait était un génocide et combien il était important d’utiliser ce mot. Ils ont aussi signalé les preuves contenues dans le rapport et, parmi elles, une liste nominative de plus de 1 130 chrétiens qui furent tués en Irak entre 2003 et juin 2014.

Source : IDC – CH pour la traduction.