Les exigences du patriarche Sako pour l’après État Islamique

Mgr Louis Sako, archevêque des Chaldéens à Kirkouk (Irak) de passage à Paris le 10/12/10 Photo Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro

Mossoul et la plaine de Ninive sont libérées de l’occupation de l’État Islamique. Les chrétiens qui avaient fui les islamistes viennent d’être invités par le Premier ministre irakien à rentrer chez eux. Certes, mais leur retour prendra plus de temps que leur fuite. Il leur faut des garanties et des conditions acceptables avant de songer à rentrer chez eux. Le patriarche Sako vient d’exprimer par un communiqué les exigences des chrétiens dans ce nouveau contexte de l’après État Islamique. En voici les principaux extraits.

C’est un moment historique et un test pour les chrétiens, afin qu’ils renouvellent leur engagement moral et éthique, qu’ils affirment leur présence, qu’ils récupèrent leurs propriétés, qu’ils exigent des compensations pour ce qu’ils ont perdu, qu’ils obtiennent leur part de l’aide et, en outre, que leur protection soit assurée en coopération avec le gouvernement central irakien, le gouvernement régional du Kurdistan ainsi qu’avec celle de la communauté internationale.

Exigences.

1. Unir les efforts pour recons-truire les maisons et rétablir les infrastructures afin de permettre le retour paisible des personnes déplacées dans leurs foyers. Dès lors que cette région [Mossoul et la plaine de Ninive] a souffert de négligences tout au long de l’Histoire, on conseille de se tenir éloigné de tous les sujets qui pourraient compliquer le retour et les efforts de reconstruction.

2. Former une petite équipe efficace et capable de 7 à 10 personnes sages à partir de politiciens honnêtes, pour être le porte-parole des chrétiens, capable d’assumer cette responsabilité dans un esprit commun, afin de communiquer avec les personnes appropriées tant au plan national qu’au plan international. Nous estimons que ce qui lie ensemble toutes ces personnes existe toujours, mais que cela exige de renoncer aux intérêts personnels, d’être solidaire et coopératif, d’oublier les anciennes différences, d’inviter les musulmans et les autres groupes ethniques à s’engager dans la vie publique, de manière constructive et efficace. Cela prouvera que, même si le nombre des chrétiens a récemment décliné, leur existence et leur efficacité ne sont pas absentes et qu’elles n’ont pas reculé.

3. Créer un bureau central d’information qui sera marqué par une vision large et qui mènera un travail professionnel afin que la voix des chrétiens soit entendue, que la lumière soit faite sur leurs souffrances et leurs aspirations. Cela les aidera à surmonter les complexités de la situation présente et à transformer leurs différences en une unité constructive, dans la cohésion et la solidarité, et dans une collaboration active pour, d’une part, renforcer leur existence et, d’autre part, promouvoir une culture de l’ouverture qui aidera à obtenir la paix, la stabilité et une vie décente pour eux-mêmes et pour leurs concitoyens.

Patriarcat de Babylone des Chaldéens, 11 juillet – © CH pour la traduction.