Marawi : la plupart des victimes furent des chrétiens

Pendant le conflit, les militants [djihadistes] ont régulièrement pris pour cible les civils et ont procédé à des exécutions extrajudiciaires. Les victimes civi-les furent presque toutes des chrétiens, et la plupart, sinon toutes, ont été prises pour cible parce qu’elles n’étaient pas musulmanes. Les militants ont soumis les civils à un test religieux avant de les tuer : on leur a demandé de réciter la chahada, qui est la profession de foi musulmane, ou de répondre à une salutation musulmane.

Les civils qui ne savaient pas réciter la chahada ou répondre correctement, étaient la plupart du temps exécutés sommairement. […]

Les militants ont souvent exécuté les chrétiens à des postes de contrôle improvisés, quand les chrétiens s’en approchaient pour quitter la ville. Les musulmans pratiquaient habituellement les assassinats avec un pistolet, un fusil ou en égorgeant les victimes. Des journalistes ont rapporté des cas de décapitation de civils. La plupart des victimes ont été abattues par armes à feu alors qu’elles se tenaient débout ou agenouillées sur le sol : certaines ont été abattues alors qu’elles courraient pour s’échapper. […]

Beaucoup d’otages – probablement tous – ont été capturés pendant les premiers jours de la bataille. L’écrasante majorité des captifs fut constituée de chrétiens. […] Les otages furent physiquement maltraités par les militants, contraints à des travaux forcés, utilisés comme boucliers humains ; en au moins une occasion, un otage a été sommairement exécuté.

Amnesty International, 17 novembre – © CH pour la traduction.