Massachusetts : inauguration à Grafton d’un mémorial du génocide des Assyriens

A la suite du premier génocide du XXe siècle, des Assyriens rescapés ont commencé à arriver dans le Massachusetts où se trouve, désormais, une des plus anciennes communautés assyriennes aux États-Unis.

Ils ont trouvé du travail dans les nombreuses usines textiles de Lowell, Watertown et Worcester. Ils sont venus suite aux persécutions contre les non musulmans qui n’ont cessé de s’aggraver au cours des années 1890 dans la Turquie ottomane, mais qui ont atteint leur point culminant dans la lutte prolongée au cours de laquelle les Turcs, les Kurdes, les Circassiens et d’autres groupes musulmans sont quasiment parvenus à expulser tous les chrétiens de la partie orientale de la Turquie.

En 1915, cette persécution s’est transformée en un génocide généralisé. Peu nombreux sont ceux qui ont compris que ces signes avant-coureurs allaient conduire au meurtre direct ou indirect d’environ les deux tiers de tout ce qui restait du peuple assyrien qui, pendant près de 2 000 ans, avait tâché de survivre comme chrétien dans des villa¬ges de plateau ou sur des terrains de haute montagne du sud-est de la Turquie. Tout comme les Arméniens et les Grecs, les Assyriens perdirent tout, parfois jusqu’aux chaussures qu’ils avaient aux pieds ou les vêtements qu’ils portaient.
Du fait que ce génocide perpétré entre 1914 et 1923 est devenu connu et de mieux en mieux documenté à partir, notamment, des archives ottomanes, et tout particulièrement dans l’une des toutes premières institutions d’enseignement du Massachusetts, le Center for Holocaust and Genocide Studies de l’Université Clark, il était tout à fait indiqué que les Assyriens du Massachusetts fassent mémoire, avec leurs amis Américains de toutes origines ethniques, du centenaire de ce génocide qui a encouragé le mal qui allait suivre, vingt ans plus tard, en Europe.

En dédiant ce monument au génocide assyrien, sur le site d’une église et d’un centre culturel assyriens, nous rendons hommages aux vies qui ont été perdues et aux souvenirs de l’horreur qui a hanté filles et garçons, hommes et femmes qui ont été témoins des tortures endurées par leurs familles, de leurs enfants vendus comme esclaves, de leurs femmes violées et de leurs hommes assassinés voici cent ans.

Aujourd’hui, nous constatons avec angoisse le retour d’événements similaires en Syrie et en Irak. Parce que ces crimes extrêmes ont été niés pendant cent ans, la violence s’étend désormais aux Américains et aux musulmans sur place : le journaliste James Foley, la travailleuse humanitaire Kayla Mueller et l’archéologue musulman âgé Khaled Al-Asaad en sont aussi les victimes.

Nous ne pouvons oublier que le mal qui a engendré le génocide voici cent ans a été justifié pendant un siècle, et qu’à cause de cela il se produit de nouveau.

Source : page Facebook de l’AAAM, 24 octobre – CH pour la traduction.