Montoire-sur-le-Loir : une messe de la Saint-Hubert annulée

C’est une affaire lamentable et un cocktail d’embrouilles dont la ville de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher) vient d’être le théâtre. Et une affaire qui n’est pas encore éclaircie.
Dans le cadre du Comice agricole qui s’est déroulé le week-end de Pentecôte, une messe de la Saint-Hubert devait être célébrée le samedi 23 mai, dans le parc du Centre hospitalier Antoine-Moreau.
La décision en avait été arrêtée une année auparavant et la mairie avait largement communiqué sur cette célébration religieuse s’inscrivant dans le cadre de manifestations festives fort appréciées des Montoriens et des habitants du Vendômois…

Tout se prépare donc, mais, huit jours avant la célébration, « plus rien n’est possible ! Les trompes de chasse ne sont plus disponibles, la place n’est plus prévue dans le parc, le podium n’est plus à la bonne place, la nouvelle direction de l’hôpital ne peut prendre une décision, la situation échappe à la mairie… la messe est supprimée », écrit avec consternation Don Anne-Guillaume Vernaeckt, curé de Montoire, dans l’édition de juin du mensuel paroissial Le Loir.

La “laïcité” serait-elle passée par là ? On ne saurait exclure cette hypothèse… Sur place, les habitants, tout aussi consternés que leur curé, pointent du doigt vers la sous-préfecture de Vendôme : la sous-préfète n’a-t-elle pas interdit un défilé de tracteurs et de voitures anciennes lors du Comice ?

La sous-préfecture, elle, laisse entendre que la faute en incombe à la municipalité, laquelle s’en défend en incriminant les sonneurs de Château-du-Loir incapables de trouver d’autres souffleurs de cors pour renforcer leur formation… Comme s’il s’agissait d’un concert, alors qu’il était d’abord question d’une messe !
Quant au directeur de l’hôpital, il s’avise aujourd’hui que personne ne l’avait sollicité pour la célébration de la messe dans le parc de son établissement…
Tout le monde aujourd’hui se repasse la patate chaude.

À tel point qu’on annonce pour bientôt la tenue d’une grande réunion de tous les protagonistes de cette affaire “clochemerlesque” : sous-préfète, maire, adjoints, sonneurs, directeur de l’hôpital vont s’aboucher pour savoir qui est le responsable de cette annulation.

Le curé de Montoire l’a sans doute déjà identifié, c’est « la peur de la religion » : « À force de la reléguer dans le domaine de la vie privée et de l’exclure de la vie sociale, on finit par en avoir peur. »

Daniel Hamiche