Obama doit appeler un chat un chat, et un génocide un génocide !

Le commentaire, dont nous publions de larges extraits ci-dessous, a été rédigé pour The Daily Signal par Nadine Maenza et Tina Ramirez,
dirigeantes de Hardwired (Richmond, Virginie), un mouvement international de lutte contre la persécution religieuse Comme citoyennes des États-Unis, ces deux dirigeantes s’interrogent sur la curieuse réticence du gouvernement Obama à reconnaître que les chrétiens d’Irak et de Syrie
sont victimes d’un génocide.

L’intention de l’État Islamique (EIIL) est d’éradiquer les chrétiens de son califat autoproclamé.

En mai dernier, le chef de l’EIIL, Abu Bakr al-Baghdadi, a fait diffuser une vidéo dans laquelle il exprimait très clairement que son intention était d’exterminer ceux qui s’identifiaient comme chrétiens par tous les moyens possibles, en les tuant ou en les chassant de force. Il y déclarait que « la coexistence avec les Juifs et les chrétiens » était impossible selon le Coran.

Quand l’EIIL a envahi le nord de l’Irak et a pris le contrôle de la ville de Mossoul, en juin 2014, les chrétiens ont constitué la première cible. Ils ont été chassés des postes administratifs qu’ils occupaient, privés d’accès aux services publics et aux rations [alimentaires]. Avec un délai d’un mois on leur a posé un ultimatum : se « convertir, payer la taxe de la djizîa ou mourir ».

L’intention de l’EIIL était de provoquer des « conditions de vie » propres à « détruire » la population : à défaut de tuer les chrétiens, les empêcher de rester sur place comme chrétiens. En 24 heures, toute la population chrétienne de Mossoul abandonna ses foyers. Après 1 600 ans de christianisme à Mossoul, il n’y reste plus un seul chrétien […]

Dès les chrétiens partis, l’EIIL a commencé à détruire toute trace de présence chrétienne. Les églises et les monastères ont été confisqués, détruits ou transformés en mosquées.

Après avoir chassé les chrétiens de Mossoul, l’EIIL a investi la ville voisine de Qaraqosh où se trouvait la population chrétienne la plus importante en Irak […]

Le génocide que les chrétiens subissent en Irak et en Syrie doit être qualifié comme tel, afin qu’on puisse rassembler la communauté internationale en vue d’œuvrer ensemble, d’apporter de l’aide aux victimes et de se préparer à poursuivre les auteurs pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Sans cette qualification de génocide, les chrétiens de Syrie et d’Irak ne pourront pas avoir recours à un niveau de justice adéquat.

Le gouvernement Obama ne veut pas qualifier cela de génocide.

En 2001, Samantha Power, ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies écrivait dans The Atlantic que « la qualification de génocide ne tient pas au nombre des tués toujours difficile à établir en période de crise, mais à l’intention ce celui qui le commet. »

Pourquoi, dès lors, le gouvernement Obama s’apprête-t-il à exclure les chrétiens, et d’autres minorités religieuses, de sa déclaration sur le génocide en Irak et en Syrie ?

Pas plus tard que la semaine derniè¬re, le département d’État nous a fait part de son projet de ne désigner que les Yézidis comme victimes d’un génocide. […]

Le gouvernement a choisi un point de vue très étroit pour ce qui est de la définition légale du génocide en n’invoquant qu’un unique événement tel le massacre [des Yézidis] du Sinjar, afin d’établir si un génocide s’est produit. Mais la destruction génocidaire d’un groupe n’exige pas que l’EIIL tue ou provoque la mort.

Un génocide […] amène une communauté tout près de son point d’extinction. Si nous ignorons cela, ce sera probablement le glas pour les chrétiens chaldéens et assyriens d’Irak et de Syrie. […]

Nous estimons que le temps est venu d’une action déterminée pour protéger et maintenir la liberté religieuse des chrétiens, des Yézidis et de toutes les autres communautés religieuses persécutées en Irak et en Syrie.

Source : The Daily Signal – CH pour la traduction.