Pakistan : le gouvernement dans le déni de réalité

La British Pakistani Christian Association (BPCA), ONG britannique de soutien aux chrétiens persécutés au Pakistan, signale un nouveau déni de réalité du gouvernement pakistanais. Le ministre de l’Intérieur de ce pays a l’art de manipuler les chiffres. Pour s’en convaincre il suffit de donner des chiffres et de les mettre en rapport. Depuis 1986, 1 194 personnes ont été jetées en prison pour blasphème : 564 musulmans, 459 ahmadis (groupe réformiste minoritaire dissident considéré comme non musulman au Pakistan), 150 chrétiens et 21 hindous. Autrement dit les membres de ces religions minoritaires qui ne pèsent que pour 5 % dans la population pakistanaise, ont été inculpés dans 50 % des cas de blasphème…

Le gouvernement du Pakistan est dans le déni quant à la réalité des persécutions contre les minorités dans le pays. Dans une déclaration récente, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Chaudhry Nisar Aki Khan, a soutenu que croire que les minorités religieuses souffrent du fait des abus de l’application des lois sur le blasphème, est infondé.

Répondant à une question de la députée Belum Hasnain, membre du Parti du peuple pakistanais, M. Khan a déclaré : « Les faits et les chiffres révèlent que dans la plupart des cas de blasphème, les accusés étaient des musulmans ». Il a expliqué à la tribune du Sénat que les renseignements en provenance de la province du Sindh, prouvaient que sur les 129 cas enregistrés de blasphème, 99 l’avaient été contre des musulmans, ce qui veut dire que 76 % des inculpés étaient des musulmans.

« Ces faits montrent que les minorités religieuses ne sont pas plus impliquées dans les cas de blasphème que les musulmans. Fondamentalement, les minorités religieuses ne sont pas ciblées par les lois sur le blasphème ».

BPCP, 31 janvier – © CH pour la traduction.