Pakistan : mort d’un ouvrier chrétien au nom du ramadan…

Une tragédie qui en dit long sur les métiers qui sont réservés aux chrétiens du Pakistan, sur l’indifférence des autorités municipales quant à la sécurité au travail de ses employés chrétiens et sur l’hypocrisie de certains musulmans pratiquant le ramadan…

Un chrétien employé dans un service de voirie au Pakistan est décédé jeudi 1er juin, après que des médecins eurent refusé de le soigner pour [une inhalation] de gaz toxiques auxquels il a été exposé dans un égout, rapportent des sources.

Des médecins de l’hôpital public [Civil Hospital] ont refusé de soigner Irfan Mashih, âgé de 28 ans, de la ville de Umerkot (province du Sindh), et déclaré qu’il leur était interdit de toucher le corps de l’ouvrier couvert de saletés, pendant le mois du Ramadan, a déclaré le frère de Masih au Morning Star News.

Babar Masih a raconté que son frère était passé par la bouche d’un égout profond pour nettoyer une conduite d’égout, mais il a respiré un gaz toxique et a appelé à l’aide.

« Deux de ses collègues de travail ne disposaient pas de l’équipement nécessaire pour l’en tirer et, donc, un autre collègue, Yaqoob Masih, est descendu dans l’égout pour le sauver », a-t-il déclaré.

« Mais les deux hommes [Irfan et Yaqoob] ayant inhalé des vapeurs ont perdu connaissance. Deux autres employés chrétiens du service de voirie, Faisal Masih et Shaukat Masih, sont alors descendus dans l’égout, mais ils ont aussi perdu connaissance. »

Des passants se sont débrouillés pour sauver les quatre hommes qui ont été transportés à l’hôpital public de Umerkot. « Les médecins ont dit qu’ils refusaient de s’occuper d’Irfan, parce qu’ils jeûnaient et que [Irfan] était napaak [impur] » a déclaré Baba Masih.

Ce sont les membres de la famille qui ont fait la toilette d’Irfan […], après quoi les médecins ont fait chercher une bouteille d’oxygène. « Mais la bouteille était vide, a précisé Babar, et avant qu’ils aient pu en faire venir une autre, Irfan mourut. »

La famille a alors organisé une protestation : elle a transporté le corps d’Irfan de l’hôpital jusqu’au Press Club de Umerkot, où elle a manifesté pendant dix heures, exigeant qu’une plainte soit enregistrée.

Sur la base de la plainte du père d’Irfan, Nazeer Masih, la police a enregistré une plainte le vendredi 2 juin contre le directeur de l’hôpital, contre le responsable du personnel soignant et contre le médecin de service. […]
On a signalé que le directeur de l’hôpital avait été mis en état d’arrestation. Les médecins sont inculpés de négligence criminelle et d’homicide.

Morning Star News, 5 juin – © CH pour la traduction.