Père Uzhunnalil : faut-il payer une rançon pour sa libération ?

Le prêtre salésien Thomas Uzhunnalil, natif du Kerala, fut enlevé par des islamistes le 4 mars 2016 à Aden (Yémen). Les nouvelles le concernant sont rares et préoccupantes. Son sort serait lié au paiement d’une rançon : une information qui n’avait jamais été donnée et qu’a révélée tout récemment un député catholique de l’Assemblée du Kerala, qui invite même l’Église catholique à lever des fonds pour payer la rançon, seul moyen, selon lui, d’obtenir la libération du prêtre. Certains pourront juger immoral de payer une rançon, mais s’agissant de la vie d’un homme ou d’un groupe humain, un pape comme Pie XII n’y a pas regardé à deux fois lorsqu’il s’est agi de contribuer à payer celle exigée par le commandant des S.S. de Rome afin d’éviter la déportation de 200 Juifs italiens…

Un député a exhorté vendredi [26 mai] l’Église catholique à lever des fonds pour payer la rançon aux ravisseurs du prêtre Tom Uzhunnalil enlevé l’année dernière dans un Yémen déchiré par la guerre, par des terroristes de l’État Islamique.

« Les prières et les pleurs en vue d’obtenir la libération du prêtre ne seront d’aucun secours. Ils [les terroristes] veulent de l’argent. L’Église catholique devrait prendre l’initiative de lever des fonds pour leur payer la rançon » a déclaré P.C. George ajoutant que leur donner l’argent était le seul et unique moyen de libérer le prêtre de sa captivité.
Le prêtre catholique Uzhunnalil est originaire de Ramapuram [Kerala]. Georges a déclaré que l’Église devait faire quelque chose pour obtenir la libération du prêtre parti au Yémen afin d’y servir les pauvres. Il exhorte l’Église à lever des fonds à l’occasion d’une quête dominicale dans les églises, et d’en offrir le produit aux terroristes pour obtenir la libération du prêtre. George a aussi déclaré qu’il était personnellement disposé à y contribuer.

Sa déclaration est survenue le lende-main du jour où le Premier ministre du Kerala, Pinarayi Vijayan, a informé l’Assemblée parlementaire de l’État qu’il allait saisir directement le Premier ministre Narendra Modi de cette affaire de libération du prêtre, le sort du Père Tom, enlevé par des terroristes de l’État Islamique le 4 mars 2016, étant critique.

Présentant une résolution à l’Assemblée jeudi dernier [25 mai], le chef de la majorité parlementaire, K.M. Mani, avait prétendu que le gouvernement central n’avait manifesté aucun intérêt à accélérer les efforts en vue de la libération du prêtre. Si nécessaire, le gouvernement central devait chercher l’aide des Nations unies pour le sauver, a-t-il déclaré. Le chef de l’opposition parlementaire, Ramesh Chennithala, a lui aussi exhorté le gouvernement de l’État [du Kerala] de traiter sérieusement de cette affaire avec le gouvernement central [de New Delhi].

Matters India, 27 mai – © CH pour la traduction.