Philippines : mobilisation œcuménique pour un évêque emprisonné

Dans un pays à 90 % chrétien, la situation des fidèles du Christ devient problématique. Entre un Président hostile aux chrétiens et un extrémisme musulman qui l’est davantage encore, les chrétiens de toute appartenance sont invités à se serrer les coudes. Un exemple, allant en ce sens, vient d’en être donné par UCANews.

Une organisation œcuménique de prélats des Philippines a lancé une campagne appelant à la libération d’un évêque mis en prison dans le Mindanao.

« Nous demandons la libération de l’évêque Carlos Morales et de tous les prisonniers politiques du pays », a déclaré l’évêque Deogracias Iñiguez [évêque catholique émérite du diocèse de Kalookan], un des dirigeants du Forum œcuménique des évêques.

Cet évêque catholique a déclaré qu’il était temps pour toutes les Églises de « faire front commun » pour « une paix juste » et les droits de l’homme.

L’évêque Morales, un prélat de l’Église indépendante des Philippines, a été arrêté le 11 mai dernier par les forces de sécurité, pour avoir prétendument aidé un dirigeant rebelle communiste. Il a été inculpé de « détention illégale d’explosifs ».

L’évêque Joel Porlares, secrétaire général de l’Église indépendante des Philippines, a déclaré que cette campagne permettait de faire entendre « notre cri contre la violence, la militarisation et la profanation de la personne humaine. […] Nous ne sommes pas venus seulement pour la libération de notre évêque, mais pour que nous nous rappelions notre rôle d’artisans de paix au milieu du conflit armé [que connaît le] pays ». Pour l’évêque Ephraim Fajutagana, également membre de l’Église indépendante des Philippines, l’arrestation de son confrère « est un test pour notre Église ».

La Conférence chrétienne d’Asie avait auparavant dénoncé les « mauvais traitements » infligés à l’évêque Morales, et déclaré qu’elle avait été « attristé » d’apprendre que le prélat avait été menotté et emprisonné. Le Conseil œcuménique des Églises a également appelé le gouvernement philippin à « une attention urgente et à donner suite » à la [demande de] libération de Morales. Peter Prove, directeur de la commission des affaires internationales du COE, a déclaré que l’arrestation et l’interrogatoire de l’évêque étaient « inappropriés et injustifiés ».

UCANews, 14 juin – © traduction CH.