Piss Christ à Ajaccio : Le résistant à l’affront nous répond

Né en 1964, marié et père de onze enfants, François Veyret-Passini, s’est insurgé contre l’exposition de l’infâme Piss Christ d’Andres Serano au Musée Fesch d’Ajaccio. Il a lancé, du 26 juin au 29 septembre 2014, une vigoureuse et pacifique résistance à l’inacceptable.

Un livre de 180 pages vient de sortir qui raconte cette belle aventure: Piss Christ Fora !  Son auteur a bien voulu répondre à nos questions.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à lan­cer votre opération “Piss Christ Fora!” ?

L’Honneur ; de Jésus Christ ; de la Corse. Étant catholique et Corse, le Piss Christ est un blasphème insupportable. Exposé en Corse, il est une provocation.

 

Beaucoup de Français de l’Île de Beauté et du “continent” vous ont soutenu. D’autres s’en sont abstenus. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi?

Non. Je suppose que les mêmes motifs animent les mêmes personnes qui ne bougent jamais.

 

Malgré vos efforts pacifiques – et votre grève de la faim –, l’abjecte “œuvre” d’Andres Serrano n’a pas été décrochée des cimai­ses du Musée Fesch. Comment l’expliquez-vous?

L’autorité habilitée à le faire, le maire, ne l’a pas voulu pour ne pas rompre un contrat passé sous la municipalité précédente, sous peine de lourdes indemnités. Andres Serrano est d’abord un businessman de l’art contemporain.

Cependant, nous avons pu mesurer combien l’apparente défaite qu’a constitué le maintien du Piss Christ au Musée Fesch a été l’occasion d’une bataille plus longue et plus efficace encore.

 

Vous venez de faire paraître une brochure racontant votre cou­rageuse initiative. Qu’attendez-vous de cette publication?

Qu’elle entretienne l’amitié qui s’est révélée et approfondie grâce à cette action, par l’évocation des faits, et qu’elle entretienne la capacité de mobilisation de tous ceux qui sont touchés par la perversion antichrétienne, par le rappel de l’efficacité de cette action.

 

D’une manière générale, comment analysez-vous la christianophobie en France?

Je préfère parler de manœuvre de perversion antichrétienne : action de dénaturer, de changer le bien en mal. “Christianophobie” est plus dans le langage du temps (comme “grève de la faim” pour “jeûne”), mais ne constitue, en somme, qu’une “phobie” de plus. Elle semble ne concerner qu’une catégorie de personnes : les chrétiens. Or, c’est Jésus-Christ Lui-même qui est attaqué dans tout ce qui Le représente et Le symbolise, parmi lesquels Ses fidèles bien sûr. Cette christianophobie ou perversion antichrétienne est l’un des aspects du règne de l’Inversion qui s’établit. De même que les apôtres et leurs successeurs missionnaires de­vaient déraciner les erreurs pour établir la Vérité, les disciples de Satan, « singe de Dieu », doi­vent éradiquer toute Vérité pour asseoir le(s) mensonge(s). Cela, dans tous les domaines : intellectuel, moral, politique, social, religieux, et avec le concours de représentants de tous les corps de la société. Chacun de nous, dès lors, est contraint de réfléchir et de choisir son camp. Plus que jamais, « la vie n’est pas neutre ». Nos choix engagent presque quotidiennement notre éternité. C’est à la fois vertigineux et enthousiasmant.