Ploërmel : le responsable du collectif #TouchePasMaCroix conteste le maire… [Version courte]

L’affaire de la croix de Ploërmel, à l’origine locale, s’est hissée au plan national et a désormais des répercussions mondiales… La décision du Conseil d’État, mal étayée juridiquement puisqu’il s’agit d’une œuvre d’art, est contestable mais le maire de Ploërmel a finalement décidé de déplacer le monument sur un terrain privé. Une décision contestée par David Cabas, responsable du collectif #TouchePasMaCroix et secrétaire départemental (Morbihan) de Debout la France. Il a bien voulu répondre à notre rédaction.

Vous avez vivement réagi aux déclarations de Patrick Le Diffon à l’AFP le 4 décembre, annonçant qu’il opinait pour un déplacement du monument à Jean-Paul II sur le terrain d’une école privée catholique. Est-ce à dire que le maire de Ploërmel n’a pas estimé utile de se concerter avec votre collectif #TouchePasMaCroix qui est un des acteurs sur le terrain ?

M. Le Diffon a montré son hostilité envers le collectif #TouchePasMaCroix la semaine qui a précédé le rassemblement du dimanche 26 novembre. Il a prétendu que notre initiative était une récupération politique alors que nous avions pris soin d’inviter les représentants de toutes les formations politiques représentatives pour un rassemblement unitaire.

Il a alors découragé la représentante LR à se joindre à notre initiative. Tout cela révèle l’attitude méprisante de M. Le Diffon pour notre initiative populaire qui pourtant était un soutien inconditionnel à son action pour maintenir la statue et sa croix à sa place. Il a refusé de s’associer à notre initiative. Il ne s’est pas concerté avec les représentants du collectif. Pour lui, nous sommes juste des trublions, voire des destructeurs.

Que jugez-vous vraiment inacceptable dans la décision du maire ?

Au lendemain de la décision du Conseil d’État, il s’était engagé pour le maintien du monument en lieu et place en privatisant la parcelle, puis il s’était aussi engagé à poursuivre la bataille juridique devant les tribunaux européens. Cette nouvelle option du 4 décembre de déplacer la statue dans un établissement scolaire, ne respecte pas ses engagements initiaux. Cette nouvelle décision ne peut pas nous satisfaire. Déplacer la croix, c’est déplacer le problème ! Cela ne le résout pas ! Avec sa victoire à Ploërmel, la Libre Pensée peut engager de nombreuses procédures pour déménager ou retirer d’autres croix ou d’autres patrimoines religieux récents.

Entendez-vous maintenir la pression et envisagez-vous une nouvelle manifestation sur place ou d’autres formes de résistance ?

Pour le moment, je suis à l’écoute de la volonté populaire. Je ne ferai pas d’action solitaire. J’ai informé les citoyens de la position du collectif #TouchePasMaCroix en distribuant des tracts dans les boîtes aux lettres. Je reste à disposition de toute personne qui aimerait organiser une résistance pacifique ici à Ploërmel. Si la volonté générale des citoyens accepte la décision du maire, je me rangerai derrière l’opinion générale. Mais je n’oublierai pas cette nouvelle lâcheté de M. Le Diffon lors de la prochaine campagne pour les élections municipales de Ploërmel. Dans tous les cas, cette décision ne sera pas sans conséquence.

Pensez-vous l’affaire plaidable devant des juridictions européennes ?

Je ne suis pas juriste, comme je l’ai dit avant. M. Le Diffon, entouré et conseillé par une équipe de juristes, s’est engagé à poursuivre l’affaire devant les tribunaux européens. Il semble que maintenant, il abandonne aussi l’option des tribunaux européens. À suivre…

Extraits des propos recueillis le 11 décembre. L’intégralité de l’entretien est publiée sur notre site : www.christianophobiehebdo.fr